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Un programme de huit semaines de méditation de pleine conscience améliore la qualité de vie et réduit la peur de l’activité, chez les patients ayant subi une crise cardiaque, selon une étude.

Une étude avec deux groupes

« Une crise cardiaque est un événement grave mettant en danger la vie et les survivants peuvent souffrir d’une faible qualité de vie », a déclaré l’auteur de cette étude, le Dr Canan Karadas de l’Université Hacettepe, à Ankara, en Turquie. « Une des raisons est la peur du mouvement, appelée kinésiophobie, qui limite l’activité quotidienne par crainte d’une nouvelle crise cardiaque. »

« La pleine conscience désigne l’état mental obtenu en concentrant la conscience sur le moment présent, y compris les pensées, les sentiments et les sensations physiques », poursuit le Dr Karadas. « Elle a suscité une attention croissante pour le traitement de maladies chroniques telles que l’hypertension artérielle. Notre étude a examiné son effet sur la fatigue, la kinésiophobie et la qualité de vie après un infarctus aigu du myocarde. »

L’étude a porté sur 56 patients qui avaient subi une crise cardiaque. L’âge moyen au moment de l’inscription était de 55 ans. Les participants ont été affectés au hasard à un groupe de pleine conscience ou à un groupe témoin pendant huit semaines. Les patients du groupe témoin ont assisté à une séance d’éducation de 15 minutes sur la structure et la fonction du cœur, les artères coronaires et les maladies du cœur.

Les patients affectés à l’intervention de pleine conscience ont assisté à une séance comprenant une description de 15 minutes de cette technique. Cette séance était suivie de 15 minutes de pratique supervisée: les patients étaient invités à s’asseoir confortablement sur une chaise, le dos droit et les yeux fermés. Ils ont ensuite reçu pour instruction de respirer profondément – en inspirant par le nez et en expirant par la bouche en utilisant le diaphragme – et de se concentrer sur leur respiration et le moment présent.

Les participants ont reçu un enregistrement des instructions via WhatsApp et ont été invités à répéter cette séance de 15 minutes tous les jours à la maison, dans une pièce calme. Des rappels quotidiens (SMS ou appels téléphoniques) ont été utilisés pour motiver les patients à pratiquer la méditation et pour évaluer leur respect du protocole de cette étude.

Plusieurs marqueurs ont été mesurés

La fatigue, la kinésiophobie et la qualité de vie ont été évaluées au départ et aux semaines quatre, huit et douze à l’aide de l’échelle de fatigue de Piper, du questionnaire de Tampa sur la kinésiophobie cardiaque et du questionnaire de qualité de vie liée à la santé des maladies cardiaques de MacNew, qui examine les sentiments des patients sur la façon dont leur affection cardiaque affecte leur fonctionnement quotidien en général et dans trois domaines (physique, émotionnel et social).

Au départ, il n’y avait pas de différence dans les trois variables entre le groupe d’intervention et le groupe témoin. À la quatrième semaine, les patients du groupe de pleine conscience avaient moins peur de bouger que ceux du groupe témoin – un avantage qui s’est maintenu aux semaines 8 et 12. Les patients du groupe de pleine conscience avaient une meilleure qualité de vie dans l’ensemble et dans les trois domaines que ceux du groupe témoin à la huitième semaine, tandis qu’à la douzième semaine, ils continuaient à faire état d’une meilleure fonction émotionnelle. Les mesures de la fatigue n’ont pas varié entre les deux groupes à aucun moment.

Des effets positifs

La Dr Karadas a déclaré : « notre étude montre que la pleine conscience peut réduire la peur du mouvement et améliorer la qualité de vie des survivants d’une crise cardiaque, avec des effets qui se prolongent au-delà de la fin de l’intervention. Une explication possible est que la méditation remplace les pensées négatives par des pensées positives, ce qui fait que les patients se sentent moins vulnérables émotionnellement et physiquement. Ces résultats suggèrent que la pleine conscience peut être envisagée pour la réhabilitation des patients après une crise cardiaque. Ces résultats sont très encourageants, mais d’autres études sont nécessaires pour confirmer nos conclusions. »

Cette étude est présentée aujourd’hui à l’ESC Acute CardioVascular Care 2021, un congrès scientifique en ligne de la Société européenne de cardiologie (ESC).

Source : European Society of Cardiology
Crédit photo : Pixabay