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Une nouvelle étude de l’UCLA montre que si les hommes et les femmes ayant une masse musculaire élevée sont moins susceptibles de mourir d’une maladie cardiaque, il semble également que les femmes ayant un taux de graisse corporelle élevé (obésité) – indépendamment de leur masse musculaire – bénéficient d’une plus grande protection que les femmes ayant moins de graisses.

Elles bénéficient d’une protection

Les chercheurs ont analysé les données d’une enquête nationale sur la santé collectées sur une période de 15 ans et ont constaté que les décès liés aux maladies cardiaques chez les femmes ayant une masse musculaire élevée et un taux de graisse corporelle élevé étaient inférieurs de 42 % à ceux d’un groupe témoin de femmes ayant une faible masse musculaire et un faible taux de graisse corporelle. Cependant, les femmes ayant une masse musculaire élevée et une faible masse de gras, ne semblaient pas bénéficier d’un avantage significatif par rapport au groupe de comparaison.

Chez les hommes, en revanche, alors que le fait d’avoir une masse musculaire élevée et un taux de graisse corporelle élevé diminuait le risque de 26 % (par rapport à ceux ayant une masse musculaire faible et un taux de graisse corporelle faible), le fait d’avoir une masse musculaire élevée et un taux de graisse corporelle faible diminuait le risque de 60 %.

L’American Heart Association estime que 5 millions d’hommes et 3 millions de femmes ont une crise cardiaque chaque année. Pourtant, malgré cet écart important entre les sexes et une diminution globale des décès liés aux crises cardiaques chez les hommes et les femmes au cours des 50 dernières années, un nombre égal d’hommes et de femmes meurent toujours de maladies cardiaques.

En outre, la mortalité chez les femmes au cours de ces cinq décennies a diminué plus lentement que chez les hommes, et l’incidence des crises cardiaques semble augmenter chez les femmes âgées de 35 à 54 ans. Des recherches récentes ont également montré que les femmes présentent des niveaux significativement plus élevés de facteurs de risque associés aux maladies cardiaques, qui sont plus défavorables que les hommes.

La méthode

Les chercheurs ont analysé les données de composition corporelle de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition 1999-2004 et les données sur les maladies cardiovasculaires de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition 1999-2014. Ils ont évalué 11 463 personnes âgées de 20 ans et plus, qui ont ensuite été réparties en quatre groupes de composition corporelle : faible masse musculaire et faible taux de graisse corporelle, faible masse musculaire et taux de graisse élevé, forte masse musculaire et faible taux de graisse, et forte masse musculaire et taux de graisse élevé. Les taux de mortalité liés aux maladies cardiaques ont ensuite été calculés pour chacun de ces groupes.

L’impact de cette étude

Ces résultats soulignent l’importance de reconnaître les différences physiologiques entre les femmes et les hommes lorsqu’on considère la composition corporelle et le risque de décès par maladie cardiaque, en particulier lorsqu’il s’agit de savoir comment les différences de masse grasse peuvent modifier ce risque.

Cette recherche souligne également la nécessité d’élaborer des lignes directrices adaptées au sexe en ce qui concerne l’exercice et la nutrition en tant que stratégies préventives contre le développement des maladies cardiovasculaires. Même si les experts de la santé mettent actuellement l’accent sur la réduction des graisses pour diminuer le risque de maladie, il peut être important pour les femmes de se concentrer davantage sur le développement de la masse musculaire que sur la perte de poids, indiquent les auteurs.

Cette recherche a été publiée dans American Heart Association.

Source : UCLA
Crédit photo : StockPhotoSecrets