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Il sera de plus en plus difficile de faire face à la saison du rhume des foins dans le nord-ouest de l’Europe, car le changement climatique devrait potentiellement augmenter de plus de la moitié la gravité de la saison pollinique.

Le rhume des foins

On s’attend déjà à ce que les saisons polliniques commencent plus tôt et durent plus longtemps à mesure que les températures se réchauffent et que les concentrations de dioxyde de carbone augmentent, affectant les arbres et les herbes qui libèrent le pollen. Toutefois, les efforts visant à prédire la différence que le changement climatique pourrait apporter au niveau local n’en sont qu’à leurs débuts.
Pour en savoir plus, une équipe européenne a rassemblé 22 ans de données sur le pollen, provenant de 34 sites de surveillance en Belgique, au Danemark, en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, et les a combinées avec des données météorologiques recueillies près de ces sites. En soumettant les résultats à deux modèles statistiques, les chercheurs ont découvert que la quantité de pollen libérée au cours d’une saison, pourrait augmenter de 60 % en raison du changement climatique, dans l’hypothèse d’un doublement des niveaux de CO2 atmosphérique à environ 800 parties par million.
À moins que l’humanité n’échoue de manière désastreuse à réduire les émissions de carbone, il est peu probable que cela se produise un jour. Mais Carsten Skjøth, de l’université de Worcester, au Royaume-Uni, qui a participé à cette étude, estime que la direction à prendre est claire.

Mieux planifier la saison pollinique

Que peut-on donc faire, à part réduire les émissions de CO2 ? Le plus important est de mieux planifier la saison pollinique, explique M. Skjøth, par exemple en donnant à un plus grand nombre de personnes des médicaments pour faire face aux symptômes du rhume des foins, ou en leur conseillant de ne pas s’exposer au pollen dans la mesure du possible.
Mme Skjøth reconnaît que cette recherche comporte une mise en garde importante. Cette étude n’a pas pris en compte l’impact de l’augmentation des températures sur le pollen de différents types d’herbes et d’arbres, ce qui est important car le changement climatique devrait modifier les lieux où certaines espèces peuvent vivre ainsi que les plantes que les gens sèment, en adoptant des espèces plus tolérantes à la sécheresse.
Cette recherche a été publiée dans Science Advances.
Source : New Scientist
Crédit photo : Rawpixel