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Les vaccins antigrippaux doivent être évalués chaque année pour s’assurer qu’ils restent efficaces contre les nouveaux virus de la grippe. En sera-t-il de même pour les vaccins COVID-19 ?

Une mise à jour des vaccins

Afin d’évaluer si et dans quelle mesure cela peut être nécessaire, une équipe de chercheurs a comparé l’évolution des coronavirus endémiques du « rhume » à celle des virus de la grippe. Les chercheurs prévoient que, tant que la pandémie sera en cours, les vaccins devront être régulièrement mis à jour. Quelques années après la pandémie, cependant, les vaccins devraient rester efficaces plus longtemps.
Les virus de la grippe sont passés maîtres dans l’art d’échapper au système immunitaire humain. Ils subissent des modifications si rapides que les anticorps produits par le système immunitaire en réponse à une infection ou à une vaccination antérieure, deviennent incapables de les neutraliser. C’est pourquoi la tâche complexe d’évaluation et de mise à jour du vaccin contre la grippe saisonnière doit être répétée chaque année.
Les mutations du SARS-CoV-2 ont déjà produit un certain nombre de variantes, dont certaines (comme la variante sud-africaine) échappent partiellement à la réponse immunitaire de l’organisme. Par conséquent, certains fabricants de vaccins ont déjà commencé à développer de nouvelles versions de leurs vaccins. Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir ? Les vaccins contre le COVID-19 vont-ils, comme les vaccins contre la grippe, nécessiter des mises à jour régulières ?
Pour leur étude, les chercheurs se sont concentrés sur les deux coronavirus les plus connus (appelés 229E et OC43), en retraçant les modifications apportées au gène « spike » il y a environ 40 ans. Les chercheurs ont commencé par comparer les séquences provenant d’une série d’anciens échantillons déposés dans une banque de données de séquences génétiques.
Sur la base des mutations apparues au fil du temps, ils ont ensuite établi des arbres phylogénétiques pour ces deux coronavirus. Les chercheurs ont comparé leurs résultats avec l’arbre phylogénétique du H3N2, un sous-type de grippe particulièrement efficace pour échapper à la réponse immunitaire humaine.
Les calculs des chercheurs ont révélé une caractéristique commune aux reconstructions phylogénétiques des coronavirus et du virus de la grippe : tous trois avaient une forme prononcée d’échelle. « Un arbre asymétrique de ce type résulte probablement du remplacement répété d’une variante du virus en circulation par une autre présentant un avantage sur le plan de l’adaptation », explique le premier auteur de cette étude, le Dr Wendy K. Jó.

Une dérive antigénique

C’est la preuve d’une « dérive antigénique », un processus continu impliquant des modifications des structures de surface qui permettent aux virus d’échapper à la réponse immunitaire humaine. Cela signifie que ces coronavirus endémiques échappent également au système immunitaire, tout comme le virus de la grippe. Toutefois, il faut également tenir compte de la vitesse à laquelle cette adaptation évolutive se produit. »
Pour cette étape, les chercheurs ont déterminé les taux d’évolution des trois virus. Alors que le virus de la grippe accumulait 25 mutations par 10 000 nucléotides (blocs de construction génétique) par an, les coronavirus accumulaient environ 6 mutations de ce type dans le même laps de temps. Le taux d’évolution des coronavirus endémiques était donc quatre fois plus lent que celui du virus de la grippe. « En ce qui concerne le SARS-CoV-2, c’est une bonne nouvelle », résume le professeur Christian Drosten, directeur de l’Institut de virologie.
On estime actuellement que le SARS-CoV-2 évolue à un rythme d’environ 10 mutations pour 10 000 nucléotides par an, ce qui signifie que la vitesse à laquelle il évolue est nettement supérieure à celle des coronavirus endémiques. « Cette évolution génétique rapide du SARS-CoV-2 se traduit par l’émergence de nombreux variants du virus dans le monde entier », explique le professeur Jan Felix Drexler, qui a dirigé cette étude. « Toutefois, cela est probablement dû aux taux d’infection élevés observés pendant la pandémie.

Ils devront être surveillés régulièrement

Lorsque le nombre d’infections est si élevé, un virus est capable d’évoluer plus rapidement. Sur la base des taux d’évolution observés chez les coronavirus des rhumes endémiques, nous pensons que le SARS-CoV-2 commencera à évoluer plus lentement lorsque les infections commenceront à s’éteindre, c’est-à-dire lorsqu’une grande partie de la population mondiale aura développé une immunité, soit à la suite d’une infection, soit par la vaccination.
Nous pensons donc que les vaccins contre le COVID-19 devront être surveillés régulièrement tout au long de la pandémie et mis à jour si nécessaire. Une fois la situation stabilisée, les vaccins sont susceptibles de rester efficaces plus longtemps. »
Cette recherche a été publiée dans Virus Evolution.
Source : The Charité – Universitätsmedizin Berlin
Crédit photo : StockPhotoSecrets 

COVID-19 : les vaccins devront être adaptés régulièrementmartinbiothechnologie
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