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Selon une nouvelle étude menée par l’UC Riverside sur des souris, l’exercice et un régime alimentaire sain pendant l’enfance donnent des adultes au cerveau plus gros et moins anxieux. Bien que le régime alimentaire et l’exercice physique soient régulièrement recommandés comme moyens de promouvoir la santé, cette étude est la première à examiner les effets combinés et durables de ces deux facteurs lorsqu’ils sont expérimentés tôt dans la vie.

Une étude sur deux facteurs importants

« Chaque fois que vous allez chez le médecin pour vous inquiéter de votre poids, il vous recommande presque systématiquement de faire de l’exercice et de manger moins », a déclaré Marcell Cadney, responsable de cette étude et doctorante en physiologie à l’UCR. « C’est pourquoi il est surprenant que la plupart des études ne s’intéressent qu’au régime alimentaire ou à l’exercice physique séparément. Dans cette étude, nous avons voulu inclure les deux. »
Les chercheurs ont déterminé que l’exercice en début de vie réduisait généralement les comportements anxieux chez les adultes. Ils ont également déterminé la même chose, mais pour la masse musculaire et cérébrale à l’âge adulte. Lorsqu’elles étaient soumises à un régime alimentaire « occidental » riche en graisses et en sucre, les souris non seulement grossissaient, mais devenaient aussi des adultes qui préféraient les aliments malsains.

Des souris divisées en quatre groupes

Pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont divisé les jeunes souris en quatre groupes : celles qui avaient accès à l’exercice, celles qui n’y avaient pas accès, celles qui suivaient un régime alimentaire standard et sain ainsi que celles qui suivaient un régime occidental.
Les souris ont commencé à suivre leur régime alimentaire immédiatement après le sevrage, et l’ont poursuivi pendant trois semaines, jusqu’à ce qu’elles atteignent leur maturité sexuelle. Après huit semaines supplémentaires de « lavage », pendant lesquelles toutes les souris étaient logées sans roues et suivaient le régime sain, les chercheurs ont effectué des analyses comportementales, mesuré la capacité aérobique et les niveaux de plusieurs sortes hormones.
L’une de celles qu’ils ont mesurées, la leptine, est produite par les cellules graisseuses. Elle aide à contrôler le poids corporel en augmentant la dépense énergétique et en signalant que moins de nourriture est nécessaire. L’exercice en début de vie a augmenté les niveaux de leptine à l’âge adulte ainsi que la masse graisseuse chez les souris adultes, quel que soit leur régime alimentaire.

Le microbiome est altéré à vie

Auparavant, l’équipe de recherche a découvert que le fait de manger trop de graisses et de sucre pendant l’enfance peut altérer le microbiome à vie, même si l’on mange plus sainement par la suite. À l’avenir, l’équipe prévoit de rechercher si les graisses ou le sucre sont davantage responsables des effets négatifs mesurés chez les souris soumises à un régime occidental.
Ensemble, ces deux études offrent des possibilités cruciales d’interventions sanitaires sur les habitudes des enfants. « Nos résultats peuvent être pertinents pour comprendre les effets potentiels de la réduction d’activité et des changements de régime alimentaire associés à l’obésité », a déclaré Theodore Garland, physiologiste évolutionniste de l’UCR.
En d’autres termes, il est extrêmement important de prendre un bon départ en matière de santé au cours des premières années de la vie, et les interventions pourraient être encore plus cruciales à la suite de la pandémie.
« Pendant les confinements causés par le COVID-19, en particulier au cours des premiers mois, les enfants faisaient très peu d’exercice. Pour beaucoup d’entre eux qui n’avaient pas accès à un parc ou à une cour, l’école était leur seule source d’activité physique », a déclaré Mme Cadney. « Il est important que nous trouvions des solutions pour ces enfants, peut-être en leur accordant une attention particulière lorsqu’ils deviennent adultes. »

De futurs adultes confrontés à des problèmes

Étant donné qu’il a également été démontré que l’exercice physique réduisait l’anxiété chez les adultes, Mme Cadney pense que les enfants confrontés à ces difficultés pourraient être confrontés à des problèmes de santé physique et mentale, lorsqu’ils deviendront adultes au cours de la prochaine décennie.
Cette recherche a été publiée dans Physiology & Behavior.
Source : University of California – Riverside
Crédit photo : Pixabay