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L’encéphalite transmise par les tiques est une maladie désagréable. Après avoir été piquées par une tique infectée, certaines personnes développent des symptômes semblables à ceux de la grippe qui disparaissent discrètement mais laissent derrière eux une maladie neurologique : le gonflement du cerveau, la perte de mémoire et le déclin cognitif.

Une maladie neurologique

Les cas sont en augmentation en Europe centrale et en Russie, avec quelque 10 000 incidents signalés chaque année. Les vaccins peuvent offrir une protection, mais seulement pour une durée limitée. Il n’existe aucun remède.
Maintenant, une nouvelle étude décrit des anticorps capables de neutraliser le virus transmis par les morsures de tiques. Ces anticorps dits « à large neutralisation » se sont révélés prometteurs dans la prévention de l’encéphalite chez la souris, et pourraient contribuer au développement de meilleurs vaccins pour l’homme. En outre, les résultats préliminaires suggèrent que ces anticorps pourraient non seulement prévenir l’encéphalite, mais aussi traiter cette maladie, ainsi que le virus Powassan, apparenté, qui émerge aux États-Unis.
L’auteur principal, Marianna Agudelo, et ses collègues ont examiné près de 800 anticorps obtenus auprès de personnes qui s’étaient rétablies de l’encéphalite à tiques ou qui avaient été vaccinées pour prévenir l’infection. Les anticorps les plus puissants, désignés sous le nom de VH3-48, se sont avérés être les plus aptes à repousser les futures infections. Ils ont constaté que les VH3-48 neutralisaient des variétés du virus de l’encéphalite à tiques cultivées en laboratoire, ainsi que d’autres maladies transmises par les tiques, notamment les virus Langat, Louping ill, la fièvre hémorragique d’Omsk, la maladie forestière de Kyasanur et Powassan.
Les chercheurs ont également montré que ces puissants anticorps ne sont pas courants ; en fait, la plupart des anticorps produits par les humains exposés au virus de l’encéphalite à tiques sont de qualité inférieure, les anticorps VH3-48 tant convoités n’apparaissant qu’occasionnellement. De plus, les patients vaccinés dans cette étude n’ont pas réussi à développer d’anticorps VH3-48.

L’anticorps VH3-48 donnerait un vaccin plus efficace

« On s’attendrait à ce que les anticorps les plus répandus soient les meilleurs, mais ce n’est pas ce que nous avons constaté dans le cas de l’encéphalopathie spongiforme bovine », explique M. Agudelo. « Cela pourrait expliquer comment le virus trompe le système immunitaire, en l’orientant vers la production d’anticorps de qualité inférieure. »
La découverte du VH3-48 permet d’espérer un vaccin plus efficace. Les vaccins actuels nécessitent trois doses espacées de deux ans et n’offrent qu’une protection d’environ cinq ans avant qu’une injection de rappel ne soit nécessaire. Les vaccins de la prochaine génération, conçus pour inciter l’organisme à produire l’anticorps VH3-48, pourraient être plus puissants, il nécessite moins de rappels et se révèle protecteurs contre un certain nombre de virus transmis par les tiques.
« Un tel vaccin serait non seulement plus efficace, mais aussi mieux ciblé », déclare Michel C. Nussenzweig. « Maintenant que nous connaissons la structure de ces anticorps, nous savons ce qu’il faut cibler pour concevoir des vaccins plus efficaces. »
Les anticorps à large neutralisation pourraient également constituer le premier traitement spécifique de l’encéphalopathie spongiforme bovine. Nussenzweig, Agudelo et leurs collègues ont constaté que les souris infectées par l’encéphalite à tiques se rétablissent après avoir reçu un traitement par anticorps, mais il reste à voir si cette découverte se transposera à l’homme.

Un essai clinique avec ces anticorps

« La prochaine étape sera un essai clinique avec ces anticorps », déclare Nussenzweig, « peut-être en Europe où les cas sont nombreux, pour voir si nous pouvons améliorer les symptômes des personnes souffrant d’encéphalite. »
Cette recherche a été publiée dans Journal of Experimental Medicine.
Source : Rockefeller University
Crédit photo : Pixabay

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