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En combinant le « châssis » d’une microalgue productrice d’huile avec les gènes d’une plante Cuphea, les scientifiques de l’Académie chinoise des sciences (CAS) peuvent transformer les algues en une usine cellulaire microbienne, capable de produire diverses huiles aux propriétés différentes.

Une usine cellulaire microbienne

Les huiles sont composées d’acides gras, et les acides gras sont composés en partie de chaînes d’atomes de carbone. La longueur de ces chaînes de carbone peut avoir un impact sur les propriétés physiques de l’acide gras et donc sur les propriétés de l’huile. Les chercheurs peuvent maintenant « programmer l’usine » d’algues en concevant des algues qui produisent des acides gras de différentes longueurs.
L’équipe de recherche a découvert que la microalgue Nannochloropsis oceanica (N. oceanica) possédait une voie enzymatique TE capable de faire varier la longueur de la chaîne pour produire trois variations de certains des acides gras les plus longs, mais ne pouvait pas faire varier la longueur de la chaîne pour produire plusieurs acides gras de longueur moyenne.
Ils ont donc ajouté les gènes d’une voie enzymatique TE similaire provenant d’une plante Cuphea – une voie qui permettait de stimuler la production d’acides gras avec ces chaînes de longueur moyenne. Les ingénieurs en protéines ont réglé les enzymes de manière à ce que des acides gras d’une longueur de chaîne différente puissent être produits. Le genre Cuphea abrite de nombreuses espèces de plantes également connues pour leurs capacités de production d’huile.
Mais en combinant ces enzymes, l’équipe a montré qu’il était possible d’augmenter ou de diminuer la longueur de la chaîne d’acides gras dans une large gamme de longueurs souhaitées, et ce dans « l’usine » de N. oceanica.

Ces usines cellulaires ont un bilan carbone négatif

Les chercheurs espèrent que ce cadre de base permettra maintenant d’accélérer le développement d’huiles de synthèse de différentes longueurs de chaîne d’acides gras chez d’autres espèces de Nannochloropsis et d’autres microalgues oléagineuses.
« En transformant directement le CO2, la lumière du Soleil et l’eau de mer en huiles de synthèse, ces usines cellulaires ont un bilan carbone négatif. Leur exploitation à grande échelle peut donc contribuer à sauver notre planète du réchauffement climatique », a ajouté XU Jian, l’un des principaux auteurs de cette étude. Ainsi cette découverte pourra produire par exemple de l’huile pour les voitures, ou même pour l’alimentation.
Cette recherche a été publiée dans Metabolic Engineering.
Source : Chinese Academy of Sciences
Crédit photo : StockPhotoSecrets