une-cible-contre-les-troubles-alimentaires-et-obésité
Des scientifiques ont identifié une cible médicamenteuse potentielle pour traiter l’obésité et les troubles du comportement alimentaire, tels que l’anorexie mentale, une pathologie pour laquelle aucune thérapie n’est actuellement disponible.

La protéine MC3R

Dans une nouvelle étude une équipe de chercheurs de l’université du Michigan et de l’université Vanderbilt identifie une protéine appelée récepteur de la mélanocortine 3 (ou MC3R) comme un moyen d’accéder aux circuits cérébraux qui contrôlent l’équilibre énergétique du corps et la prise alimentaire.
Les recherches, menées sur des souris, fournissent des preuves préliminaires que la manipulation de la MC3R peut stimuler ou supprimer la prise alimentaire. La MC3R se trouve à la surface des neurones, où il envoie et reçoit des signaux sur l’équilibre énergétique global de l’organisme. Bien que cette protéine soit présente dans tout le cerveau, elle est particulièrement répandue dans les régions cérébrales connues pour contrôler l’alimentation, tant chez la souris que chez l’homme.
« Deux régions principales du cerveau reçoivent toutes les informations périphériques sur le poids corporel et l’équilibre énergétique : l’hypothalamus et le tronc cérébral », a déclaré Patrick Sweeney, neuroscientifique à l’Institut des sciences de la vie de l’Université de Montréal et l’un des principaux auteurs de cette étude. « Ce que nous avons découvert, c’est que la MC3R est la plus fortement exprimée dans l’hypothalamus, où nous pensons qu’elle joue un rôle dans la régulation de l’ensemble du circuit neuronal qui contrôle la prise alimentaire. »

Pour l’anorexie et l’obésité

Depuis cette position dans l’hypothalamus, la MC3R reçoit des signaux hormonaux lorsque les réserves d’énergie sont trop élevées et active des circuits neuronaux qui suppriment la prise alimentaire; à l’inverse, ce récepteur peut aussi sentir que le corps a besoin de plus d’énergie et activer des voies pour stimuler la prise alimentaire.
Pour cette étude, les chercheurs ont examiné les réactions comportementales et alimentaires de souris auxquelles il manquait la protéine MC3R. Ils ont constaté que les souris présentaient bon nombre des mêmes caractéristiques que les humains souffrant de troubles de l’anorexie. Dans certains cas, les réponses comportementales étaient très différentes entre les souris mâles et femelles, ce qui est similaire aux différences observées chez les humains, chez qui environ 90 % des cas d’anorexie mentale sont diagnostiqués chez les femmes.
« La partie la plus intéressante de ces résultats est le fait que la MC3R pourrait être une cible thérapeutique potentielle pour les troubles alimentaires, tels que l’anorexie, ainsi que peut-être pour l’obésité – ce qui aiderait certainement la population humaine si nous pouvons faire la transition de la souris à l’homme », a déclaré Michelle Bedenbaugh, neuroscientifique à la faculté de médecine de l’université Vanderbilt.

Un futur médicament qui cible la MC3R

« Cela nous donne une nouvelle façon d’aborder ce circuit et un objectif clair pour les efforts de développement de médicaments », a déclaré l’auteur principal de cette étude, Roger Cone, de l’Université de Montréal. « Il s’agit donc d’une étape précoce dans la mise au point de médicaments, mais évidemment essentielle ». Donc la prochaine étape consistera à trouver un médicament qui cible efficacement la MC3R.
L’équipe nous explique leur découverte dans cette vidéo.

Cette recherche a été publiée dans Science Translational Medicine.
Source : University of Michigan
Crédit photo : StockPhotoSecrets