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Les vers de terre améliorent le sol en l’aérant, en décomposant la matière organique et en minéralisant les nutriments. Maintenant, des chercheurs ont découvert un autre rôle : réduire le nombre et l’abondance relative des gènes de la résistance aux antibiotiques (ARG) dans les sols de divers écosystèmes. Selon les chercheurs, ces résultats impliquent que les vers de terre pourraient constituer une solution naturelle et durable au problème mondial de la résistance aux antibiotiques.

Les vers de terre

L’utilisation excessive d’antibiotiques chez l’homme et l’animal a entraîné l’accumulation d’ARGs dans les sols, ce qui pourrait contribuer à l’augmentation des infections résistantes aux antibiotiques. Les vers de terre consomment des tonnes de sol par an dans le monde entier, et leurs entrailles présentent une combinaison unique de conditions de faible oxygène, de pH neutre et d’habitants microbiens indigènes qui pourraient avoir un effet sur les ARG.
Cependant, le rôle des vers de terre dans la propagation de la résistance aux antibiotiques est controversé. Certaines études menées en milieu contrôlé suggèrent que leurs viscères sont des points chauds pour les ARGs, qu’ils peuvent propager dans le sol grâce à leurs mouvements, tandis que d’autres études indiquent que les viscères des vers de terre peuvent réduire l’abondance des ARGs en détruisant les bactéries hôtes et les éléments génétiques mobiles.
Pour mieux comprendre cette question, Yong-Guan Zhu et ses collègues ont voulu comparer les microbiomes et les ARG des viscères de vers de terre avec ceux de sols provenant de divers écosystèmes de Chine.

Des résultats significatifs

Les chercheurs ont prélevé des échantillons de vers de terre et de sol dans 28 provinces chinoises. Ils ont ensuite analysé la composition des communautés microbiennes dans les viscères des vers et dans le sol environnant, et ont constaté qu’elles différaient entre les viscères et le sol, ainsi qu’entre les sites. En outre, l’équipe a constaté que le nombre et l’abondance relative des ARGs étaient plus faibles dans les viscères des vers de terre que dans le sol correspondant sur tous les sites d’échantillonnage.
Les viscères des vers de terre présentaient également des niveaux plus faibles d’espèces bactériennes qui hébergent généralement des ARGs. Selon les chercheurs, ces bactéries et les ARGs pourraient être détruites pendant la digestion, ou les bactéries qui vivent dans l’intestin pourraient les supplanter.
Dans d’autres expériences, ils ont utilisé des environnements contrôlés pour montrer que le nombre et l’abondance relative des ARGs étaient plus élevés dans les viscères des vers de terre que dans leurs excréments, et que l’ajout de vers de terre réduisait les ARGs dans les échantillons de sol. Ces résultats suggèrent que les vers de terre ont le potentiel d’atténuer ces gènes dans les sols comme une forme de biorémédiation naturelle, disent les chercheurs.
Cette recherche a été publiée dans Environmental Science & Technology.
Source : American Chemical Society
Crédit photo : Pixabay