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La psychose post-partum est un problème de santé mentale dévastateur, mais rare, qui touche les femmes dans les premières semaines suivant l’accouchement. Les symptômes sont très variables et peuvent inclure une humeur élevée (manie), une dépression, une confusion, des hallucinations et des délires.

La psychose post-partum

Bien que ce trouble ne touche qu’une femme sur 1 000, il est beaucoup plus fréquent chez les mères ayant des antécédents de trouble bipolaire ou de trouble schizo-affectif (une maladie qui présente des symptômes de la schizophrénie et des troubles bipolaires), ou chez les femmes ayant déjà souffert d’un épisode de psychose post-partum.
Il n’existe actuellement aucun marqueur biologique permettant d’identifier les femmes susceptibles de développer une psychose post-partum, et le rôle de la connectivité cérébrale – c’est-à-dire la façon dont les différentes zones du cerveau communiquent entre elles.
Des chercheurs du King’s College Londom et de l’université de Padoue, en Italie, ont découvert que, par rapport aux femmes en bonne santé, les femmes présentant un risque de psychose post-partum présentent une connectivité altérée dans les réseaux cérébraux associés au « comportement orienté vers un but », c’est-à-dire les zones du cerveau impliquées dans la planification, l’organisation et la réalisation de tâches à court et à long terme.

Vérifier l’efficacité d’un scanner

Pour vérifier si un scanner peut identifier une psychose post-partum, 32 femmes « à risque » et 27 femmes en bonne santé ont été suivies depuis la grossesse jusqu’à huit semaines après l’accouchement. Elles étaient considérées comme « à risque » de psychose post-partum si elles avaient reçu un diagnostic de trouble bipolaire ou de trouble schizo-affectif, ou si elles avaient déjà souffert d’un épisode de psychose post-partum. Au cours des quatre premières semaines suivant l’accouchement, 15 femmes ont présenté des symptômes indiquant une psychose post-partum.
Huit semaines après l’accouchement, les femmes ont subi des scanners cérébraux, puis d’autres scanners pendant une tâche de traitement des émotions, afin d’étudier l’activation des différentes zones du cerveau et leur interaction. Pour cette tâche, les participantes ont regardé des images de visages exprimant différentes émotions et ont dû identifier cette émotion (par exemple, un visage affichant une expression de peur). Les chercheurs ont mesuré le temps qu’il leur a fallu pour réussir à identifier ces émotions et ont analysé l’activation des différents réseaux du cerveau.

Une connectivité réduite

Toutes ces femmes présentant un risque de psychose post-partum, et en particulier celles qui ont ensuite été malades, avaient plus de difficulté à comprendre et à décoder les émotions négatives que les femmes en bonne santé. Cela s’est traduit par une connectivité réduite entre certains réseaux cérébraux au cours de la tâche et par des temps de réaction plus longs aux images d’émotions négatives.
Bien que des modifications similaires de la connectivité aient également été mises en évidence chez des patients souffrant d’autres troubles psychiatriques, l’étude du King’s College a révélé que ces modifications étaient plus marquées chez les femmes souffrant d’une maladie, ce qui pourrait refléter l’instabilité émotionnelle des femmes au cours de cette maladie.

La connectivité cérébrale serait un bon marqueur 

Paola Dazzan, professeur de neurobiologie a déclaré : « bien que rare, la psychose post-partum est un problème de santé mentale très grave qui peut être vraiment angoissant pour les nouvelles mères, leur partenaire, leurs amis et leur famille.
« Auparavant, il était difficile de repérer les femmes à risque de psychose post-partum ou d’expliquer pourquoi certaines sont plus vulnérables que d’autres, car nous ne connaissions pas vraiment la neurobiologie de cette maladie. Notre étude est un premier pas vers une meilleure compréhension de la connectivité cérébrale en tant que marqueur de la vulnérabilité à la psychose post-partum. »
Cette recherche a été publiée dans Translational Psychiatry.
Source : King’s College London
Crédit photo : Pexels

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