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Une équipe de chercheurs espagnols a mis au point, au niveau du laboratoire, le prototype d’un nouveau biocapteur permettant de détecter le cancer du sein à ses premiers stades.

Un nouveau biocateur

À l’heure actuelle, la mammographie est la technique standard la plus utilisée pour le diagnostic, mais elle présente certaines limites, comme l’exposition aux rayonnements et une sensibilité et une spécificité moindres chez les jeunes femmes dont le tissu mammaire est dense. « Par conséquent, de nouveaux outils de diagnostic sont nécessaires pour aider à la détection précoce du cancer du sein. Notre biocapteur va dans ce sens », explique Ana Lluch, oncologiste.
Le développement de ce biocapteur s’inscrit dans le domaine connu sous le nom de biopsie liquide, qui permet de détecter la présence d’un cancer par une analyse de sang. Ce biocapteur mésoporeux développé par l’équipe est facile à utiliser, peu coûteux et fournit des résultats en très peu de temps – entre 30 et 60 minutes – à partir d’un échantillon de plasma d’une patiente.
Ce biocapteur est composé d’un nanomatériau -une alumine nanoporeuse- qui facilite la détection dans le plasma du microARN miR-99a-5p, qui est associé au cancer du sein. Jusqu’à présent, cette détection se faisait à l’aide de techniques complexes et longues, ce qui signifie que ce système ne pouvait pas être utilisé comme outil de diagnostic dans le cadre clinique.

Son mode de fonctionnement

Le professeur Martínez Máñez explique le fonctionnement de leur système de diagnostic alternatif : les nanopores du biocapteur sont chargés d’un colorant – la rhodamine B – et scellés par un oligonucléotide. Lors de l’interaction avec l’échantillon de plasma, si les portes des pores ne détectent pas la présence du microARN, elles restent fermées ; en revanche, en présence du miR-99a-5p, les portes des pores s’ouvrent et le colorant est libéré. « Ce changement dans la libération du colorant peut être corrélé avec des patientes saines ou des patientes atteintes de cancer du sein », résume Martínez Máñez.
« La prochaine étape de nos travaux consistera à le valider sur un groupe plus important de patientes et à continuer à travailler pour rendre ce système de détection encore plus performant et plus facile à utiliser », conclut Juan Miguel Cejalvo.
Cette recherche a été publiée dans ACS Sensors.
Source : Universitat Politècnica de València
Crédit photo : StockPhotoSecrets