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Selon des recherches menées par l’université de Cambridge, la désactivation d’une protéine du muscle cardiaque pourrait constituer un nouveau moyen pour les médicaments de combattre l’insuffisance cardiaque chez les personnes ayant subi une crise cardiaque.

La protéine MARK4

Il existe un besoin non satisfait de trouver des médicaments capables d’améliorer la capacité du cœur à pomper efficacement le sang lorsqu’il a été endommagé à la suite d’une crise cardiaque. Cependant, de nombreux médicaments qui permettent au muscle cardiaque défaillant de se contracter plus fortement ont été jugés dangereux, ce qui laisse une énorme lacune dans le traitement des crises et des insuffisances cardiaques. Les scientifiques pensent maintenant qu’ils pourraient avoir identifié une nouvelle cible médicamenteuse, une protéine appelée MARK4.
Dans le cadre d’une recherche financée par la British Heart Foundation (BHF), des scientifiques de Cambridge ont constaté que les niveaux de MARK4 étaient élevés dans le cœur des souris après une crise cardiaque. En comparant des souris avec et sans MARK4 dans le cœur, ils ont constaté que les cœurs dépourvus de cette protéine pompaient 57 % mieux le sang. Cet effet protecteur a été observé 24 heures après une crise cardiaque et a duré pendant toute la période de suivi de quatre semaines.
L’équipe a identifié pour la première fois que la MARK4 règle avec précision un réseau structurel à l’intérieur de la cellule du muscle cardiaque, appelé réseau de microtubules, qui s’attache à la machinerie qui permet aux cellules du muscle cardiaque de se contracter et de se détendre. Lorsque les niveaux de MARK4 avaient augmenté après une crise cardiaque, ces microtubules étaient solidement ancrés sur la machinerie contractile du cœur, provoquant une plus grande résistance et les empêchant de fonctionner normalement. Lorsque les taux de MARK4 sont réduits, ces microtubules sont moins bien ancrés, ce qui facilite la contraction et la relaxation du cœur.

Des résultats significatifs

Après une crise cardiaque, dans les cellules du cœur de souris dépourvues de MARK4, la vitesse de contraction a augmenté de 42 % et la vitesse de relaxation de 47 %, par rapport aux cellules musculaires de souris possédant la protéine MARK4. Ces cellules étaient également proches de fonctionner au même niveau que les cellules du muscle cardiaque sain, ce qui montre l’efficacité de la réduction des niveaux de MARK4.
Maintenant, les chercheurs suggèrent que les médicaments qui désactivent la protéine MARK4 pourraient constituer un nouveau moyen prometteur d’améliorer la récupération et d’aider le cœur à pomper le sang plus efficacement chez les personnes dont le cœur est défaillant.
Le Dr Xuan Li, chargé de recherche intermédiaire de la BHF a déclaré : « après des années de recherche, nous avons découvert une méthode entièrement nouvelle et prometteuse qui pourrait favoriser la récupération des cœurs défaillants.

Des tests sur la désactivation de MARK4

« Nous n’en sommes qu’au début, et nous devons maintenant tester les effets à long terme de la désactivation de la MARK4. Mais si les médicaments utilisés à cette fin s’avèrent efficaces, les avantages qui en résulteraient pourraient être visibles chez les personnes atteintes d’autres types de maladies cardiaques, ainsi que chez celles qui ont subi une crise cardiaque et développé une insuffisance cardiaque ».
Le professeur Metin Avkiran, directeur médical associé de la British Heart Foundation, a déclaré : « les crises cardiaques sont une cause majeure d’invalidité dans le monde entier – les personnes qui ont eu une crise cardiaque majeure ont un risque beaucoup plus élevé de développer une insuffisance cardiaque chronique. Environ 920 000 personnes vivent avec une insuffisance cardiaque au Royaume-Uni, et nous avons désespérément besoin de médicaments pour améliorer radicalement la fonction cardiaque chez ces patients.

Affiner et tester les médicaments

« Ces résultats constituent une avancée positive. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour affiner et tester les médicaments qui peuvent cibler la MARK4 avant de les administrer aux personnes qui ont eu une crise cardiaque et développent une insuffisance cardiaque. »
Cette recherche a été publiée dans Nature.
Source : University of Cambridge
Crédit photo : iStock