traiter-le-diabète-de-type-1-avec-des-cellules-souches
Les scientifiques du Salk Institute ont développé une approche prometteuse pour traiter le diabète : utiliser des cellules souches pour créer des cellules productrices d’insuline (appelées cellules bêta) qui pourraient remplacer les cellules pancréatiques non fonctionnelles.

Des cellules souches transformées

Dans une étude les chercheurs indiquent qu’ils ont mis au point une nouvelle méthode de création de cellules bêta, qui est beaucoup plus efficace que les méthodes précédentes. De plus, lorsque ces cellules bêta ont été testées sur un modèle de souris atteint de diabète de type 1, la glycémie des animaux a été maîtrisée en deux semaines environ.
« Les cellules souches constituent une approche extrêmement prometteuse pour le développement de nombreuses thérapies cellulaires, y compris de meilleurs traitements pour le diabète de type 1 », déclare le professeur Juan Carlos Izpisua Belmonte, auteur principal d’un article. « Cette méthode de fabrication d’un grand nombre de cellules bêta sûres et fonctionnelles constitue une avancée importante. »
Dans les travaux actuels, les chercheurs ont commencé par des cellules souches pluripotentes humaines (hPSC). Ces cellules, qui peuvent être dérivées de tissus adultes (le plus souvent la peau), ont le potentiel de devenir n’importe quel type de cellule présente dans le corps adulte. À l’aide de divers facteurs de croissance et produits chimiques, les chercheurs ont transformé les hPSC en cellules bêta de manière progressive, en imitant le développement du pancréas.

Des rendements d’environ 80 %

La production de cellules bêta à partir des hPSC en laboratoire n’est pas nouvelle, mais dans le passé, le rendement de ces précieuses cellules était faible. Avec les méthodes existantes, seuls 10 à 40 % des cellules deviennent des cellules bêta. En comparaison, les techniques utilisées pour créer des cellules nerveuses à partir des hPSC ont des rendements d’environ 80 %. Un autre problème est que si des cellules indifférenciées sont laissées dans le mélange, elles pourraient éventuellement se transformer en un autre type de cellule qui serait indésirable.
« Pour que les traitements à base de cellules bêta deviennent à terme une option viable pour les patients, il est important de rendre ces cellules plus faciles à fabriquer », explique le co-premier auteur Haisong Liu. « Nous devons trouver un moyen d’optimiser ce processus ».
Pour résoudre ce problème, les chercheurs ont adopté une approche progressive pour créer des cellules bêta. Ils ont identifié plusieurs produits chimiques qui sont importants pour inciter les hPSC à devenir des cellules plus spécialisées. Ils ont finalement identifié plusieurs cocktails de produits chimiques qui ont permis d’obtenir des rendements en cellules bêta allant jusqu’à 80 %.
Ils ont également examiné la manière dont ces cellules sont cultivées en laboratoire. « Normalement, les cellules sont cultivées sur une plaque plane, mais nous leur avons permis de se développer en trois dimensions », explique le coauteur, Ronghui Li, chercheur postdoctoral. En cultivant les cellules de cette manière, on crée une plus grande surface partagée entre les cellules et on leur permet de s’influencer mutuellement, comme elles le feraient au cours du développement humain.

Le taux de sucre était ramené à la normale

Une fois ces cellules créées, elles ont été transplantées dans un modèle murin de diabète de type 1. Les souris modèles avaient un système immunitaire modifié qui ne rejetait pas les cellules humaines transplantées. « Nous avons constaté qu’en l’espace de deux semaines, le taux de sucre dans le sang de ces souris était ramené à la normale », explique le coauteur, Hsin-Kai Liao, chercheur. « Les cellules bêta dérivées des hPSC transplantées étaient biologiquement fonctionnelles ».
Les chercheurs vont continuer à étudier cette technique en laboratoire afin d’optimiser davantage la production de cellules bêta. D’autres recherches sont nécessaires pour évaluer les questions de sécurité avant de pouvoir lancer des essais cliniques chez l’homme. Selon les chercheurs, les méthodes présentées dans cette étude pourraient également être utiles pour développer des cellules spécialisées afin de traiter d’autres maladies.
Cette recherche a été publiée dans Nature Communications.
Source : Salk Institute
Crédit photo : StockPhotoSecrets