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Oubliez les éthylotests, un nouveau test de conduite en état d’ivresse pourrait consister à enfiler une paire de protections auditives. Koji Toma, de l’université médicale et dentaire de Tokyo, au Japon, et ses collègues ont créé un appareil qui capte l’alcool dégagé par la peau des oreilles d’une personne. Il permet de mesurer la quantité d’alcool dans le sang et de savoir si la personne dépasse la limite légale.

Un appareil qui mesure l’alcool 

Les alcootests utilisés par de nombreux policiers nécessitent de souffler régulièrement dans un appareil pendant plusieurs secondes, ce que certaines personnes ne peuvent pas faire ou prétendent ne pas pouvoir faire. Un test cutané résout ces deux problèmes. « Ils ne peuvent pas tricher à travers leur peau », dit Toma.
Toma et son équipe avaient déjà étudié la mesure de l’alcoolémie à l’aide de la peau de la paume, mais ils se sont demandé si les oreilles ne seraient pas meilleures, car elles ont une grande surface, la peau est fine et comporte peu de glandes sudoripares, dont le trop grand nombre rend les résultats trop variables. « Si le signal n’est pas stable, nous ne pouvons pas estimer la concentration correctement », explique Toma.
Les chercheurs ont modifié une paire de protections auditives afin de pouvoir souffler un courant d’air à l’intérieur et à l’extérieur de celles-ci. Trois hommes ont porté ce dispositif sur leurs oreilles pendant 140 minutes, tout en buvant une boisson alcoolisée et en se soumettant à des alcootests réguliers. L’air sortant du dispositif était envoyé vers un capteur de vapeur d’éthanol.
L’équipe a constaté que les relevés du protège-oreilles montraient une augmentation et une diminution du taux d’alcool similaire à celle de l’alcootest, mais avec un retard de 13 minutes. Si une personne portait cet appareil pour une lecture ponctuelle, par exemple si elle était soupçonnée de conduire en état d’ivresse, elle devrait porter ces protège-oreilles pendant 30 secondes, explique Toma. Les cheveux longs devraient être écartés.

Pour d’autres sortes de substances

L’équipe développe actuellement cette idée pour d’autres utilisations médicales où une lecture continue des niveaux sanguins de substances biochimiques serait utile, comme la mesure d’un composé appelé acétone, qui indique la quantité de graisse brûlée pendant l’exercice.
Cette recherche a été publiée dans Scientific Reports.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay