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Pour les patients atteints du syndrome inflammatoire de l’intestin (SII), cette affection est littéralement une douleur intestinale. Les douleurs abdominales chroniques – ou à long terme – sont courantes, et il n’existe actuellement aucune option de traitement efficace pour ce symptôme débilitant.

Le syndrome inflammatoire de l’intestin

Dans une nouvelle étude des chercheurs identifient une nouvelle source potentielle de soulagement : une molécule dérivée du venin d’araignée. Lors d’expériences menées sur des souris, ils ont constaté qu’une seule dose pouvait arrêter les symptômes associés à la douleur du SII.

La sensation de douleur trouve son origine dans des signaux électriques transmis du corps au cerveau par des cellules appelées neurones. De minuscules canaux à la surface des neurones les aident à transmettre ces signaux en permettant aux ions sodium chargés positivement de passer dans la cellule. Il existe de nombreux types de canaux sodiques, et certains médicaments antidouleur agissent en les bloquant.

Cependant, les traitements disponibles interfèrent avec ces canaux de manière indifférenciée et ne peuvent être utilisés que brièvement – et pas pour les douleurs chroniques. Stuart Brierley, Glenn King et leurs collègues ont voulu trouver un moyen de cibler sélectivement les canaux activés lors de la douleur chronique du SII.

Une molécule nommée Tsp1

Les chercheurs se sont concentrés sur un canal sodique particulier qu’ils soupçonnaient d’être responsable de la douleur chronique du SII. Puis, pour le bloquer, ils se sont tournés vers la source connue la plus riche en molécules qui modifient l’activité des canaux sodiques : le venin d’araignée. Dans le venin d’une tarentule péruvienne, ils ont découvert une molécule qu’ils ont nommée Tsp1a et qui présentait une activité bloquante prometteuse.

Pour tester son potentiel thérapeutique, les chercheurs ont utilisé des souris souffrant d’un trouble lié au syndrome du côlon irritable, qu’ils ont surveillées pendant l’expérience afin de détecter un réflexe associé à la douleur. Un seul traitement par Tsp1a administré dans le côlon des souris a réduit de manière significative l’apparition de ce réflexe, ce qui indique un soulagement de la douleur.

De futures études

De plus, la Tsp1a s’est révélée très sélective et n’a pas interféré avec d’autres fonctions corporelles, ce qui suggère qu’elle pourrait être utilisée en toute sécurité chez l’homme. Bien que Tsp1a soit prometteur en tant que traitement potentiel de la douleur chronique du SII, des études approfondies de son activité dans l’organisme et de la réaction du système immunitaire à son égard seront essentielles, écrivent les chercheurs.

Cette recherche a été publiée dans ACS Pharmacology & Translational Science.

Source : American Chemical Society
Crédit photo : StockPhotoSecrets