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Un nouveau type de vaccin contre le paludisme consiste à injecter aux gens le parasite du paludisme, puis, quelques jours plus tard, à leur donner un médicament qui tue les agents pathogènes. Cette approche a donné des résultats prometteurs lors d’un essai préliminaire.

Un vaccin contre le paludisme

Le paludisme, une maladie infectieuse propagée par les moustiques, est l’un des plus grands problèmes de santé publique au monde. Il est particulièrement mortel pour les jeunes enfants en Afrique. Il existe déjà un vaccin, appelé Mosquirix, qui fonctionne en injectant aux personnes une molécule présente à la surface du parasite. Mais son efficacité diminue avec le temps, tombant à environ 5 % après sept ans.

Certains groupes travaillent sur un vaccin amélioré de type Mosquirix, qui a donné des résultats positifs en avril. Mais Patrick Duffy, de l’Institut national américain de la santé, et ses collègues se sont interrogés sur une autre approche : injecter aux gens le parasite entier, puis leur administrer rapidement un médicament contre le paludisme pour les empêcher de tomber malades.

Ils ont essayé deux médicaments antipaludiques et différentes doses du parasite dans une petite étude de « provocation humaine », dans laquelle des personnes sont vaccinées puis, trois mois plus tard, délibérément exposées au parasite du paludisme pour voir si elles développent cette maladie.

Des résultats relativement bons

Lorsque l’on a utilisé la pyriméthamine, un antipaludéen, et une dose élevée du parasite dans le vaccin, sept personnes sur huit ont été protégées contre cette  maladie, si la souche du parasite utilisée dans le vaccin était la même que pour le test de provocation. Si une souche différente était utilisée – un test plus difficile – sept personnes sur neuf étaient protégées. Un autre médicament antipaludique, la chloroquine, a protégé six personnes sur six contre une souche différente.

Ces chiffres d’efficacité élevés ne signifient pas nécessairement que cette approche serait plus efficace que le Mosquirix dans la vie réelle. « Mais il s’agit d’un niveau de protection qui n’a jamais été observé auparavant [dans des essais de provocation] », déclare Duffy.

Le principal inconvénient de cette nouvelle stratégie est que si les personnes ne prennent pas le médicament antipaludique après avoir été vaccinées, elles risquent de développer le paludisme. Pour que cela ne se produise pas, un essai de plus grande envergure a débuté au Mali, dans lequel les personnes reçoivent de la pyriméthamine en même temps qu’elles sont vaccinées.

Cette recherche a été publiée dans Nature.

Source : New Scientist
Crédit photo : StockPhotoSecrets