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Une nouvelle étude montre que des chercheurs ont réussi à réadapter deux médicaments déjà disponibles, pour réduire d’au moins 30 % la gravité de l’apnée du sommeil chez les personnes concernées. L’apnée du sommeil est une affection dans laquelle les voies aériennes supérieures, de l’arrière du nez à la gorge, se ferment de manière répétitive pendant le sommeil, limitant l’apport d’oxygène et provoquant des réveils jusqu’à 100 fois ou plus par heure.

Une réduction de 30 % avec deux médicaments

Les personnes souffrant d’apnée du sommeil non traitée sont plus susceptibles de développer des maladies cardiovasculaires, une démence et une dépression, et sont deux à quatre fois plus susceptibles d’avoir un accident de voiture que la population générale. Malgré près de trente ans de recherches, il n’existe aucun traitement médicamenteux approuvé pour traiter ce problème.

Le professeur Danny Eckert, chercheur principal a permis aux scientifiques de faire un pas de plus en réadaptant deux médicaments disponibles pour tester leur efficacité chez les personnes souffrant d’apnée du sommeil. Des recherches antérieures ont montré que deux classes de médicaments, la reboxétine et le butylbromure, étaient capables de maintenir les muscles actifs pendant le sommeil chez les personnes ne souffrant pas d’apnée du sommeil, et d’aider leur capacité à respirer.

En adaptant ces médicaments, les chercheurs ont utilisé une multitude d’instruments d’enregistrement pour déterminer si la reboxétine et le butylbromide pouvaient cibler avec succès les principales causes de l’apnée du sommeil. Il s’agissait notamment d’équilibrer l’activité électrique des muscles autour des voies respiratoires, d’empêcher la gorge de s’affaisser pendant le sommeil et d’améliorer la régulation du dioxyde de carbone et de la respiration pendant le sommeil.

Ils augmentent l’activité musculaire

Les résultats de cette étude ont montré que ces médicaments augmentaient effectivement l’activité musculaire autour des voies respiratoires des participants, et que ces médicaments réduisaient la gravité de l’apnée du sommeil des participants jusqu’à un tiers.

Presque toutes les personnes que nous avons étudiées ont vu leur apnée du sommeil s’améliorer. L’absorption d’oxygène s’est améliorée et le nombre d’arrêts respiratoires a diminué d’un tiers ou plus. Ces nouveaux résultats permettent aux chercheurs d’affiner encore ces types de médicaments afin qu’ils présentent des avantages encore plus importants que ceux constatés actuellement.

Commentant cette étude, le professeur Eckert a déclaré : « nous étions ravis car les options de traitement actuelles pour les personnes souffrant d’apnée du sommeil sont limitées et peuvent constituer un parcours douloureux pour plusieurs d’entre elles », a-t-il déclaré. Ensuite, nous examinerons les effets de ces médicaments et d’autres similaires sur le long terme. Nous évaluerons si nous pouvons exploiter les avantages d’un médicament sans avoir besoin d’utiliser les deux. »

« De même, nous testerons si ces traitements peuvent être associés à d’autres médicaments déjà disponibles pour voir si nous pouvons améliorer encore leur efficacité », a-t-il poursuivi.

Les traitements actuels sont inconfortables ou coûteux

Jusqu’à présent, le principal traitement de l’apnée du sommeil consistait à porter un masque au lit, ou une thérapie par pression positive continue (PPC), dont bénéficient des millions de personnes. Cependant, de nombreuses personnes trouvent ce traitement inconfortable et la moitié des personnes qui l’essaient le supportent mal. En outre, l’efficacité des traitements de deuxième ligne, tels que les protège-dents posés par les dentistes, peut être imprévisible et coûteuse.

Cette recherche a été publiée dans The Journal of Physiology.

Source : The Physiological Society
Crédit photo : StockPhotoSecrets