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Zachariah Schuurs, chercheur à QUT, a déclaré que l’équipe de recherche avait identifié un nouveau site de liaison sur la protéine S du SARS-CoV-2.

Un nouveau site de liaison

« La liaison de la protéine S du CoV-2 à l’héparane sulfate (HS) sur les surfaces cellulaires est généralement la première étape d’une cascade d’interactions dont le virus a besoin pour initier une infection et pénétrer dans la cellule.

« La plupart des recherches se sont concentrées sur la compréhension de la manière dont le HS interagit avec le domaine de liaison au récepteur (RBD) et le site de clivage de la furine de la protéine S du virus SARS-CoV-2, car ceux-ci se lient généralement à différents types de médicaments, vaccins et anticorps.

« Nous avons identifié un nouveau site de liaison sur le domaine N-terminal (NTD), une zone différente de la protéine S du virus qui facilite la liaison du HS. Cela permet de mieux comprendre comment le virus infect les cellules. Le NTD est également une partie de la protéine S qui subit fréquemment des mutations.

« Certains anticorps présents dans le sang qui neutralisent les virus se lient à la même région de la NTD. Par conséquent, le ciblage du site NTD avec des molécules telles que l’héparine (ou les mimétiques d’héparine), un médicament anticoagulant similaire à l’HS, est une stratégie possible pour empêcher le virus de se lier aux cellules et de les infecter. »

Des stratégies antivirales alternatives 

Le Dr Neha Gandhi, du QUT a déclaré que les vaccins contre le COVID19, bien qu’ils connaissent un succès dans le monde entier, sont encore loin d’être largement accessibles. « Nous avons besoin de stratégies antivirales alternatives pour prévenir la propagation du COVID-19 et traiter les personnes infectées », a déclaré le Dr Gandhi.

« Les épidémiologistes pensent que la persistance d’une faible couverture vaccinale dans de nombreux pays rendra plus probable l’apparition des mutations résistantes au vaccin. « Des variantes préoccupantes sont déjà apparues en Afrique du Sud, aux États-Unis, en Inde et au Brésil. À cet égard, des stratégies antivirales alternatives sont fortement nécessaires pour prévenir la propagation du COVID-19 et pour traiter les personnes atteintes.

« La plupart des variants du SARS-CoV-2 ont acquis une mutation à charge positive dans la protéine S. Des molécules comme l’héparine et ses mimétiques sont chargées négativement et, par conséquent, ces molécules pourraient être utilisées pour traiter les personnes atteintes des effets graves du virus et de tous les variants émergents.

Des antiviraux potentiels à large spectre

« Nos recherches indiquent que les molécules qui imitent la structure 3D de l’héparine avec une chimie du soufre différente, pourraient être des médicaments antiviraux potentiels à large spectre pour le COVID-19 et d’autres menaces virales émergentes via une interaction directe avec le virus lui-même. »

Cette recherche a été publiée dans Computational and Structural Biotechnology Journal.

Source : Queensland University of Technology
Crédit photo : iStock