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Selon une nouvelle étude menée conjointement par l’Université de Buffalo et l’Hôpital pour enfants de Philadelphie, les enfants qui mangent plus lentement sont moins susceptibles d’être extravertis et impulsifs.

Le tempérament et l’obésité

Cette étude, qui visait à mettre en évidence la relation entre le tempérament et les comportements alimentaires dans la petite enfance, a également révélé que les enfants très sensibles aux signaux alimentaires externes (l’envie de manger lorsqu’ils voient, sentent ou goûtent de la nourriture) étaient plus susceptibles de ressentir de la frustration et de l’inconfort et d’avoir des difficultés à se calmer.

Ces résultats sont essentiels, car une alimentation plus rapide et une plus grande réactivité aux signaux alimentaires ont été associées au risque d’obésité chez les enfants, explique Myles Faith, coauteur de cette étude.

Cette recherche, soutient l’intégration du tempérament dans les études et le traitement de l’obésité infantile, un lien que Faith a jugé nécessaire d’explorer davantage dans une étude précédente qu’il a codirigée.

« Le tempérament est lié à de nombreux résultats en matière de développement et de comportement chez l’enfant. Pourtant, malgré les preuves émergentes, peu d’études ont examiné sa relation avec l’obésité infantile », a déclaré le co-investigateur principal Robert Berkowitz, professeur émérite à l’Université de Pennsylvanie et directeur du programme de recherche sur le poids et les troubles de l’alimentation à l’Hôpital pour enfants de Philadelphie.

Les chercheurs ont interrogé 28 participants qui débutaient un programme d’intervention familiale visant à réduire la vitesse d’alimentation chez les enfants de 4 à 8 ans souffrant ou risquant de souffrir d’obésité.

Une étude sur trois comportements alimentaires

Cette étude a examiné les associations entre trois comportements alimentaires et trois facettes du tempérament. Les comportements alimentaires comprenaient la réactivité à la sensation de satiété (repères alimentaires internes), la réactivité à la vue, à l’odeur et au goût des aliments (repères alimentaires externes) et la vitesse de manger.

Le tempérament comprenait l’extraversion et l’impulsivité (également connue sous le nom de surgissement), la maîtrise de soi et l’incapacité à apaiser les émotions négatives telles que la colère, la peur et la tristesse.

Cette étude a notamment révélé que les enfants qui réagissent bien à la sensation de satiété font preuve d’une plus grande maîtrise de soi. D’autres recherches sont nécessaires pour comprendre le rôle que jouent les parents dans le tempérament et le comportement alimentaire de leurs enfants, indique Mme Button.

« Les parents peuvent utiliser la nourriture pour calmer les enfants capricieux et atténuer les émotions négatives », explique Mme Button. « Les futures recherches devraient examiner les différentes façons dont les parents nourrissent leurs enfants en fonction de leur tempérament, et explorer si la relation entre le tempérament et les comportements alimentaires est à double sens. L’habitude de manger plus lentement, avec le temps, pourrait-elle conduire à réduire l’impulsivité ? ».

Des relations entre le tempérament et les habitudes alimentaires

« Cette étude a permis d’établir des relations entre le tempérament et les habitudes alimentaires chez les enfants ; cependant, la question de l’œuf et de la poule et de savoir ce qui vient en premier reste posée », déclare Faith. « Des recherches qui suivent les familles dans le temps sont nécessaires pour démêler ces voies de développement. »

Cette recherche a été publiée dans Pediatric Obesity.

Source : University at Buffalo
Crédit photo : iStock