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En 2019, un groupe international de chercheurs codirigé par le Dr Yousef Tizabe  et le professeur José Aguilera, a observé qu’un dérivé non toxique de la neurotoxine tétanique (qui provoque des infections tétaniques) améliorait les symptômes de la dépression chez des modèles animaux de rats.

Un nouveau médicament

« Une dose intramusculaire de Hc-TeTx a fait disparaître les symptômes de la dépression en moins de 24 heures, et ses effets ont duré deux semaines », explique Aguilera. Sur la base de ces résultats, les scientifiques ont commencé à travailler afin de découvrir le mécanisme par lequel cette substance produit ces effets.

Dans une étude récente coordonnée par le professeur Aguilera et menée en collaboration avec le groupe de recherche dirigé par le Dr Thomas Scior, les chercheurs ont démontré que le Hc-TeTx est capable d’inhiber le transport de la sérotonine dans le système nerveux central, en se liant aux récepteurs des neurotrophines, des protéines qui induisent la survie des neurones.

Ces résultats suggèrent que ce médicament pourrait non seulement servir à traiter la dépression, mais aussi être utile dans le traitement des maladies neurodégénératives, comme la maladie de Parkinson ou la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

Il peut traiter les maladies neurodégénératives

Selon les chercheurs, les avantages de l’introduction du Hc-TeTx en tant que nouveau médicament sont évidents. Une dose bihebdomadaire ou mensuelle permettrait aux professionnels de la santé de contrôler l’évolution de cette maladie. Comme il s’agit d’un produit recombinant, il n’y aurait aucun problème de sécurité, de production ou de coûts élevés. En outre, dans les cas de neurodégénérescence, le Hc-TeTx arrêterait le développement de la pathologie et éliminerait en même temps toute dépression liée à la maladie.

Des essais cliniques sur l’homme via des investisseurs 

Les chercheurs ont récemment breveté l’utilisation thérapeutique du Hc-TeTx pour le traitement de la dépression, de la maladie de Parkinson et de la sclérose latérale amyotrophique, et recherchent maintenant des investisseurs pour pouvoir mener des essais cliniques sur l’homme. « Il s’agit d’une avancée importante de la science, d’autant plus qu’en plus de l’incidence élevée de la dépression et des altérations du comportement, nous constatons des altérations mentales dues au COVID-19 et aux environnements négatifs de stress, d’auto-isolement ou de peur », conclut Aguilera.

Cette recherche a été publiée dans Molecules.

Source : Universidad Autónoma de Barcelona
Crédit photo : Pexels