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Une équipe de chercheurs de l’Université McMaster a récemment découvert comment, exactement, les vaccins contre le COVID-19 qui utilisent des vecteurs adénoviraux déclenchent une réaction rare mais parfois mortelle de coagulation du sang appelée thrombocytopénie immuno-thrombotique induite par le vaccin ou VITT.

Une réaction rare appelée VITT

Ces résultats permettront aux scientifiques de trouver un moyen de mieux diagnostiquer et traiter la VITT, et même de la prévenir et de rendre les vaccins plus sûrs. « Notre travail répond également à des questions importantes sur le lien entre les anticorps et la coagulation », a déclaré Ishac Nazy, chercheur principal et auteur correspondant de cette étude. Il a ajouté que cette étude aura des implications sur les futurs diagnostiques et les thérapeutiques.

Les vaccins contre le COVID-19 utilisant des vecteurs adénoviraux, comme ceux d’AstraZeneca et de Johnson and Johnson, sont associés au trouble de la coagulation VITT causé par des anticorps inhabituels dirigés contre les plaquettes sanguines et déclenchés par le vaccin.

Cette étude montre qu’au niveau moléculaire, comment ces anticorps inhabituels se fixent sur les composants des plaquettes sanguines et déclenchent la formation de caillots.

« Les anticorps se fixent à la protéine plaquettaire appelée facteur plaquettaire 4 (PF4) dans une orientation très unique et spécifique, ce qui leur permet de s’aligner avec d’autres anticorps et plaquettes dans une formation très précise, qui conduit à un cycle vicieux auto-perpétué d’événements de coagulation », a déclaré Nazy.

Un environnement de coagulation très intense

« Ces agrégats pathogènes activent rapidement les plaquettes, créant un environnement de coagulation très intense chez les patients », a-t-il ajouté. On a constaté que cette réaction dangereuse aux vaccins à vecteur adénovirus se produisait chez une personne sur 60 000 recevant le vaccin au Canada.

« L’intention de notre étude était de mieux comprendre comment les caillots qui caractérisent la VITT se développent », a déclaré Donald Arnold, co-investigateur de cette étude et codirecteur médical du McMaster Platelet Immunology Laboratory. « Un principe de base des soins médicaux est de comprendre comment ce trouble se produit et, ce faisant, de développer de meilleurs traitements. »

John Kelton, co-investigateur de cette étude a ajouté : « nous pensons que cette étude est importante parce qu’elle clarifie la façon dont cette coagulation se produit, et parce que nous avons pu identifier les molécules impliquées.

« La prochaine étape consiste à mettre au point un test rapide et précis pour diagnostiquer le VITT. Notre principal intérêt est maintenant de passer en amont de la manière dont les caillots se forment afin de prévenir leur apparition. »

Améliorer les tests actuels

Les tests rapides actuels donnent des résultats faussement négatifs, et la confirmation du VITT repose sur des tests plus longs. Cette étude explique maintenant pourquoi les tests rapides échouent fréquemment et permet d’envisager de nouvelles stratégies pour améliorer les tests actuels afin de mieux diagnostiquer ce problème.

Cette recherche a été publiée dans Nature.

Source : McMaster University
Crédit photo : iStock