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Une nouvelle étude montre comment un candidat médicament élaboré à partir d’une protéine contenue dans le venin d’une araignée peut arrêter le « signal de mort » qui résulte d’une crise cardiaque, offrant ainsi aux premiers intervenants un nouveau moyen de sauver des vies.

Une protéine venant d’une araignée 

Ces travaux ont été menés par des scientifiques de l’université australienne du Queensland et s’appuient sur une étude précédente dans laquelle ils ont identifié une petite protéine dans le venin d’araignées à toile en entonnoir, avec un potentiel intéressant. Grâce à des expériences sur des rats, l’équipe a découvert que l’administration de cette protéine après un accident vasculaire cérébral induit réduisait considérablement le risque de lésions cérébrales, même plusieurs heures après l’événement.

« Nous avons découvert que cette petite protéine, Hi1a, réduit étonnamment les lésions cérébrales, même lorsqu’elle est administrée jusqu’à huit heures après le début de l’AVC », explique le professeur Glenn King. « Il était logique de tester également Hi1a sur des cellules cardiaques, car comme le cerveau, le cœur est l’un des organes les plus sensibles du corps à la perte de flux sanguin et au manque d’oxygène. »

Pour explorer cette possibilité, les scientifiques ont testé ce médicament sur des cellules cardiaques humaines battantes, sur lesquelles ils ont simulé le stress d’une crise cardiaque. Ils ont ainsi obtenu ce qu’ils décrivent comme des résultats incroyables « obtenus au cours de plusieurs décennies », en constatant que ce  médicament bloquait ce que l’on appelle le « signal de mort » qui se propage normalement dans les cellules cardiaques en cas d’attaque.

« Après une crise cardiaque, le flux sanguin vers le cœur est réduit, ce qui entraîne un manque d’oxygène dans le muscle cardiaque », explique le Dr Nathan Palpant, auteur de cette étude. « Le manque d’oxygène fait que l’environnement cellulaire devient acide, ce qui se combine pour envoyer un message aux cellules cardiaques pour qu’elles meurent. »

Cette protéine bloque le signal de mort

L’équipe a découvert que la protéine Hi1a a cet effet en bloquant les canaux ioniques sensibles à l’acide dans le cœur, ce qui bloque la transmission du signal de mort et permet à davantage de cellules cardiaques de survivre. À l’heure actuelle, aucun médicament n’est disponible pour bloquer ce signal de mort, et aucun médicament n’est utilisé en clinique pour sauver cet organe de ce dommage après une crise cardiaque.

« Pour les victimes de crises cardiaques, notre vision de l’avenir est que la protéine Hi1a pourrait être administrée par les premiers intervenants dans l’ambulance, ce qui changerait les résultats de santé des maladies cardiaques », dit King. « Cela est particulièrement important dans les régions rurales et reculées d’Australie, où les patients et les hôpitaux traitants peuvent être éloignés les uns des autres – et où chaque seconde compte. »

En plus de sauver potentiellement la vie des victimes de crises cardiaques, ce médicament pourrait également être utilisé pour gagner du temps pour les transplantations de cet organe, en augmentant la survie des cellules cardiaques. Cela pourrait permettre de gagner des minutes supplémentaires pour transporter un cœur viable après qu’il a cessé de battre et augmenter les chances de réussite de la transplantation.

Des essais cliniques dans deux ou trois ans

Les scientifiques espèrent tirer parti de ces premiers résultats prometteurs en procédant, dans les deux ou trois prochaines années, à des essais cliniques sur l’homme portant sur cette protéine comme traitement des accidents vasculaires cérébraux et des maladies cardiaques.

« Cela n’aidera pas seulement les centaines de milliers de personnes qui ont une crise cardiaque chaque année dans le monde, mais cela pourrait aussi augmenter le nombre et la qualité des cœurs des donneurs, ce qui donnera de l’espoir à ceux qui attendent sur la liste des transplantations », déclare le professeur Peter Macdonald.

Cette recherche a été publiée dans Circulation.

Source : University of Queensland
Crédit photo : StockPhotoSecrets