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Les tortues géantes des Galápagos vivent longtemps, en partie parce que leurs cellules sont étonnamment sensibles à certaines formes de stress. En plus d’éclairer la recherche en médecine humaine, cette découverte révèle comment ces animaux ont évolué vers différentes façons de résister au cancer et au vieillissement.

La résistance au cancer des tortues

« Il existe de nombreuses façons d’obtenir un corps volumineux et une durée de vie longue et saine », explique Vincent Lynch de l’université de Buffalo, dans l’État de New York. On pourrait s’attendre à ce que les grands animaux soient plus sensibles au cancer, car ils possèdent un plus grand nombre de cellules, chacune d’entre elles ayant une petite chance de devenir cancéreuse.

Mais des études récentes ont montré que des animaux de grande taille et à la longévité élevée, comme les éléphants, présentent des taux de cancer paradoxalement faibles, car ils possèdent des copies supplémentaires des gènes impliqués dans la suppression du développement des tumeurs.

Ces études ont surtout été réalisées chez les mammifères, ce qui soulève la question de savoir comment d’autres animaux ont pu développer des adaptations similaires. Lynch et ses collègues se sont donc tournés vers les tortues, dont la taille varie considérablement, qui présentent des taux de cancer plus faibles et peuvent faire preuve d’une longévité remarquable. Les tortues géantes des Galápagos, par exemple, peuvent vivre plus de 150 ans.

L’équipe de Lynch a découvert que les tortues géantes des Galápagos ont développé une réduction marquée du risque de cancer et que leurs génomes contiennent des copies supplémentaires des gènes impliqués dans la réponse au stress cellulaire causé par des protéines endommagées ou déformées. L’accumulation de ces protéines dans les cellules a été associée au vieillissement et au cancer.

Les cellules s’autodétruisaient

Lorsque les chercheurs ont appliqué un médicament qui déclenche ce type de stress à des cellules de tortue géante dans une boîte en laboratoire, ils ont été surpris de constater que les cellules s’autodétruisaient immédiatement. « Nous pensions qu’elles étaient très résistantes aux types de stress qui provoquent le cancer, mais il s’est avéré qu’elles y sont très sensibles », explique M. Lynch.

Tuer les cellules endommagées avant qu’elles ne deviennent cancéreuses protège l’animal contre le développement de tumeurs, dit-il, ajoutant que ce n’est probablement qu’une des nombreuses façons dont ces tortues géantes réduisent leur risque.

« Il s’agit d’une étude très originale et intéressante », déclare João Pedro de Magalhães, de l’université de Liverpool, au Royaume-Uni. « Plus nous apprendrons de trucs sur d’autres espèces, plus nous comprendrons les mécanismes naturels qui confèrent une résistance au vieillissement et au cancer. »

Cette recherche a été pré-publiée dans bioRxiv.

Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay