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Des messages sous-marins secrets pourraient être camouflés sous la forme de clics et de sifflements des baleines ou des dauphins, ce qui permettrait de tromper les auditeurs en leur faisant croire qu’ils entendent des animaux marins.

Une solution furtive

Les sons émis par les mammifères marins peuvent affecter les systèmes sonar militaires, ils sont donc généralement considérés comme des bruits de l’océan et filtrés. Cela fait de ces signaux animaux une solution furtive pour communiquer secrètement sous l’eau. Pour tester cette idée, Chunyue Li et ses collègues de l’université de Tianjin, en Chine, ont conçu une méthode permettant de cacher un code dans les appels vocaux des fausses orques (Pseudorca crassidens), qui peut ensuite être transmis et déchiffré.

Imiter les mammifères marins pour communiquer sous l’eau n’est pas une idée nouvelle. Mais les approches précédentes utilisaient principalement des sons artificiels qui imitent les animaux et se concentraient sur un seul type d’appel – soit des clics, soit des sifflements – ce qui limitait leur potentiel de camouflage. Comme de nombreuses baleines et dauphins vivent en groupes, leurs cris se chevauchent naturellement. Si quelqu’un n’entendait qu’un seul type d’appel de manière isolée, cela éveillerait les soupçons.

Une étude sur les clics et de sifflements

Dans leurs derniers travaux, les chercheurs ont examiné une base de données de clics et de sifflements émis par de faux épaulards, une espèce de dauphin, afin de trouver des sons présentant des formes d’onde suffisamment différentes – les formes visuelles ondulées du son – pour être utilisés dans un code déchiffrable.

À partir de ces sons, l’équipe a construit deux séquences codées, l’une contenant uniquement des clics et l’autre uniquement des sifflements. Les codes étaient basés sur de petites différences dans le délai entre les sons de la séquence. Les deux séquences ont ensuite été superposées pour former une séquence qui, on l’espérait, semblait naturelle parce qu’elle combinait des clics et des sifflements.

En effet, la forme d’onde obtenue ressemblait beaucoup au bavardage de fausses orques. De plus, alors que les clics et les sifflements pouvaient être séparés et décodés par un destinataire, ils ont trompé un programme d’intelligence artificielle « d’écoute » entraîné à identifier les codes dans les communications acoustiques, ce qui suggère que la technique pourrait être suffisamment fiable pour transmettre des informations de manière sécurisée.

Un taux de communication de 76 bits par seconde

Toutefois, le taux de communication obtenu était de 76 bits par seconde sur 5 kilomètres, ce qui est lent par rapport aux normes actuelles de communication sous-marine, explique Alec Duncan, chercheur en acoustique sous-marine à l’université Curtin de Perth, en Australie.

« Les performances de ce système seraient certainement moins bonnes dans le monde réel que dans la simulation [en raison de la distorsion et des interférences], mais il serait probablement possible de le faire fonctionner dans une certaine mesure », déclare Duncan. « Il existe des situations dans lesquelles la transmission secrète d’une petite quantité de données peut encore être cruciale, donc il ne faut certainement pas l’écarter. »

Cette recherche a été publiée dans Applied Acoustics.

Source : New Scientist
Crédit photo : Pexels