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Une équipe de chercheurs a mis en évidence le rôle d’un gène essentiel pour augmenter le nombre de cellules productrices d’insuline au cours du développement précoce du pancréas. Ces résultats pourraient soutenir les efforts de recherche sur le diabète et conduire à de nouvelles thérapies pour cette maladie.

Le gène REST

Les chercheurs du Centre de régulation génomique (CRG), de l’Institut de recherche biomédicale de Bellvitge (IDIBELL) et de l’Université de Barcelone ont étudié le gène du facteur de transcription silencieux RE1, également appelé REST, dans des modèles de souris et de poisson zèbre ainsi que dans des organoïdes pancréatiques humains. Les chercheurs ont déjà soupçonné un rôle pour ce gène dans le développement du pancréas, bien que les études menées jusqu’à présent n’aient pas été concluantes.

Ils ont constaté que REST est exprimé dans les cellules pancréatiques embryonnaires qui ne se différencient pas encore, également appelées cellules progénitrices, ainsi que dans les cellules adultes qui forment le canal pancréatique. Les chercheurs n’ont pas détecté l’activité de REST dans les cellules bêta adultes qui produisent l’insuline.

Des expériences révélatrices

Des expériences menées sur des modèles de souris ont révélé que l’élimination du gène REST au stade embryonnaire précoce, avant la formation du pancréas, permettait de doubler le nombre de cellules productrices d’insuline. Ces cellules ont été maintenues jusqu’à l’âge adulte, et toutes les souris présentaient un poids normal. D’autres expériences utilisant des modèles de poisson-zèbre ont permis de constater une augmentation similaire de la formation des cellules bêta.

L’inactivation de REST n’a pas permis de stimuler la formation de cellules bêta après la formation du pancréas. Les souris chez qui REST a été inactivé peu après la naissance ont présenté une augmentation de courte durée de la formation des cellules endocrines, mais cette augmentation ne s’est pas maintenue à l’âge adulte. L’inactivation de REST dans les organoïdes pancréatiques humains n’a pas entraîné la formation de cellules bêta, mais les chercheurs ont détecté une activité accrue des gènes endocriniens.

Des inhibiteurs de REST

« Bien qu’important pour le développement du pancréas, nous avons montré que REST n’est pas le seul gardien de la différenciation endocrine. Cependant, si un jour nous mettons au point un cocktail de médicaments pour stimuler les cellules productrices d’insuline dans le pancréas, je pense que les inhibiteurs de REST feront partie de la recette. Nous testons maintenant si des inhibiteurs de REST peuvent être utilisés pour stimuler artificiellement la formation de cellules bêta en  laboratoire », explique Jorge Ferrer, auteur principal de cette étude.

« REST rejoint une liste très courte de suppresseurs dominants de la différenciation endocrinienne pendant le développement du pancréas », explique Meritxell Rovira, coauteur de cette étude et chercheur. « Les modulateurs de REST joueront très probablement un rôle important pour les futures manipulations visant à promouvoir l’endocrinogenèse dans les systèmes de modèles expérimentaux ou les thérapies de remplacement pour le diabète. »

Cette recherche a été publiée dans Genes & Development.

Source : Centre for Genomic Regulation
Crédit photo : StockPhotoSecrets

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