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De nouvelles recherches décrivent un mécanisme par lequel l’alimentation peut endommager les cellules intestinales, déclenchant une réaction en chaîne conduisant à un dysfonctionnement du microbiome et à une maladie cardiaque.

Il faut un régime riche en graisses

De nouvelles recherches approfondies, ont révélé un mécanisme microbien reliant l’obésité aux maladies cardiaques. cette étude décrit comment un régime riche en graisses endommage les cellules intestinales, entraînant un déséquilibre des mauvaises bactéries qui produisent des métabolites connus pour contribuer aux maladies cardiovasculaires.

Lorsque les cellules épithéliales qui tapissent nos intestins sont enflammées, les populations microbiennes intestinales peuvent être déséquilibrées. Et ce déséquilibre du microbiome, connu sous le nom de dysbiose, entraîne une production excessive de certains métabolites qui augmentent le risque d’athérosclérose. Mais il y avait encore un maillon manquant dans cette réaction en chaîne que les chercheurs n’avaient pas entièrement découvert.

« On savait qu’un régime riche en graisses provoquait une dysbiose, mais on ne savait pas pourquoi ni comment cela se produisait », explique Mariana Byndloss, chercheuse du Vanderbilt University Medical Center qui a participé à cette nouvelle étude. « Nous montrons une façon dont l’alimentation affecte directement l’hôte et favorise la croissance des mauvaises bactéries ».

À l’aide de modèles de souris, ces nouvelles recherches ont montré comment un régime riche en graisses nuit à l’activité des mitochondries dans les cellules épithéliales intestinales. Ces dommages induits par le régime alimentaire conduisent ces cellules à produire des volumes excessifs d’oxygène et de nitrate.

Le triméthylamine-N-oxyde

Certains microbes intestinaux nuisibles, tels que E. coli, prospèrent dans des environnements riches en oxygène et en nitrates, ce qui leur permet d’augmenter en nombre et d’intensifier la production d’un métabolite appelé triméthylamine (TMA). Le foie oxyde ensuite la TMA, la transformant en triméthylamine-N-oxyde (TMAO), un composé impliqué dans les maladies cardiovasculaires.

Les chercheurs sont ensuite allés plus loin, en cherchant à savoir si la protection de ces cellules épithéliales intestinales pouvait arrêter cette chaîne d’événements induite par un régime riche en graisses. Ils se sont tournés vers un médicament appelé acide 5-aminosalicylique (5-ASA), qui est utilisé depuis plus de 30 ans pour aider à réduire l’inflammation intestinale chez les sujets atteints de maladies intestinales inflammatoires.

Dans des modèles de souris, le 5-ASA a contribué à rétablir une fonction mitochondriale normale dans les cellules intestinales. Cela a ensuite réduit l’augmentation de la TMAO précédemment déclenchée par un régime riche en graisses.

Une thérapie avec le 5-ASA et des probiotiques

Selon Byndloss, il s’agit d’une preuve de concept convaincante qui montre qu’il est possible de prévenir certains des effets négatifs d’un régime riche en graisses. À l’avenir, note Byndloss, il pourrait être possible d’utiliser des médicaments comme le 5-ASA en même temps que des probiotiques pour aider à maintenir des populations bactériennes intestinales saines et limiter l’effet négatif des régimes riches en graisses sur le cœur.

« Ce n’est qu’en comprenant parfaitement la relation entre l’hôte – nous – et les microbes intestinaux au cours de la santé et de la maladie que nous pourrons concevoir des thérapies pour contrôler l’obésité et les conséquences associées, comme les maladies cardiovasculaires », déclare Byndloss.

Cette recherche a été publiée dans Science.

Source : Vanderbilt University Medical Center
Crédit photo : iStock

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De nouvelles recherches décrivent un mécanisme par lequel l'alimentation peut endommager les cellules intestinales, déclenchant une réaction en chaîne conduisant à un dysfonctionnement du microbiome et à une maladie cardiaque. Il faut un régime riche en graisses De nouvelles recherches approfondies, ont révélé un mécanisme microbien reliant l'obésité aux maladies cardiaques....