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La seiche a la réputation d’être un céphalopode plutôt solitaire. Mais de nouvelles images révèlent que des groupes de seiches sauvages forment des bancs pour migrer, ce qui suggère qu’elles sont plus sociales que nous le pensions.

Des formations de seiches

Le regroupement est courant dans tout le règne animal, offrant une série d’avantages tels que l’aide à la recherche de nourriture, la défense contre les prédateurs et la rencontre pour l’accouplement. Chez les céphalopodes, ce comportement est surtout associé aux calmars, qui forment des bancs de milliers d’individus. Les seiches, comme les pieuvres, préfèrent explorer le monde par elles-mêmes, et les observations des comportements sociaux sont rares.

Christian Drerup, de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, et Gavan Cooke, du Cephalopod Citizen Science Project, ont rassemblé une série de rapports, de photos et de vidéos envoyés par des plongeurs locaux au large de la côte sud du Royaume-Uni, qui montrent 10 exemples de formation de bancs chez la seiche européenne (Sepia officinalis).

« La littérature est très dogmatique sur ce que les céphalopodes font et ne font pas, et on l’accepte en quelque sorte jusqu’à ce qu’on voit les choses de ses propres yeux », dit Cooke.

Elles formaient plusieurs sortes d’attroupement

Dans ces vidéos, on peut voir des seiches se déplaçant ensemble dans une série de formations, certaines en groupes de 30 individus. Parfois, elles formaient une ligne horizontale, avec une seiche faisant face à l’autre direction – agissant peut-être comme un gardien pendant que les autres dormaient.

À d’autres moments, les seiches formaient une forme sphérique, tournée vers l’extérieur dans toutes les directions, comme la formation testudo de l’armée romaine. Parfois, les seiches s’éloignaient les unes des autres avant de revenir à une structure de groupe.

Ces observations ont été réalisées entre 2013 et 2020, pendant les mois d’août et septembre, lorsque ces seiches commencent à migrer de leurs zones de reproduction dans les eaux côtières peu profondes vers les eaux plus profondes de la Manche et de la côte nord de la France.

Ces regroupements offrent une sécurité

« La formation des hauts-fonds permet une défense du troupeau », explique M. Cooke, offrant une sécurité en nombre, contre une série de prédateurs tout au long du voyage. Il est également susceptible d’améliorer la navigation et d’offrir une opportunité d’apprentissage social.

Cette recherche a été publiée dans Ethology.

Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay