quatre-maladies-présentent-des-perturbations-du-microbiome-intestinal

Un nouvel article de synthèse suggère qu’un certain nombre de troubles psychiatriques différents présentent des perturbations communes du microbiome intestinal. Cette méta-analyse a révélé que la dépression, le trouble bipolaire, la schizophrénie et l’anxiété s’accompagnent tous d’anomalies microbiennes intestinales similaires, notamment des quantités plus élevées de bactéries pro-inflammatoires.

Quatre maladies psychiatriques

En fait, cette étude a révélé qu’il existe des signatures microbiologiques communes à un certain nombre de maladies psychiatriques différentes. En particulier, les personnes souffrant de dépression, d’anxiété, de troubles bipolaires et de schizophrénie présentaient toutes des niveaux accrus d’une bactérie appelée Eggerthella, qui a déjà été associée à une inflammation gastro-intestinale.

Ces quatre troubles psychiatriques étaient également associés à une diminution des niveaux de Faecalibacterium et Coprococcus, deux genres de bactériens connus pour conférer des propriétés anti-inflammatoires.

« Bien que nous ne soyons pas parvenus à établir des biomarqueurs pour des maladies spécifiques, nous avons constaté qu’il existe un chevauchement important entre la santé intestinale et la prévalence des maladies mentales, notamment en ce qui concerne la prédominance de certaines bactéries pro-inflammatoires par rapport aux bactéries anti-inflammatoires », explique le premier auteur de cette étude, Viktoriya Nikolova.

Prêter attention à la santé intestinale lors de traitements

Selon les chercheurs, ces résultats montrent clairement l’importance de prêter attention à la santé intestinale dans le traitement des troubles mentaux. En outre, les liens entre les processus inflammatoires et les maladies mentales sont certainement renforcés par cette étude.

Toutefois, les chercheurs mettent en garde contre l’utilisation des biomarqueurs des bactéries intestinales pour diagnostiquer spécifiquement certains troubles psychiatriques. La principale conclusion de cette méta-analyse est l’absence de preuves de l’existence de biomarqueurs bactériens pouvant être spécifiquement attribués à certains troubles.

« Cette revue suggère un point commun transdiagnostique des perturbations microbiennes dans le TDM [trouble dépressif majeur], le trouble bipolaire, l’anxiété, la psychose et la schizophrénie, caractérisé par une diminution des bactéries anti-inflammatoires productrices de butyrate et une augmentation des bactéries pro-inflammatoires », concluent les chercheurs dans cette nouvelle étude. « Les chercheurs devraient interpréter leurs résultats dans ce contexte plus large des troubles psychiatriques afin de prévenir les allégations non fondées de spécificité des troubles des biomarqueurs microbiens intestinaux. »

Cette recherche a été publiée dans JAMA Psychiatry.

Source : King’s College London
Crédit photo : Pixabay