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Les enfants qui grandissent dans des foyers remplis de livres ont tendance à présenter un déclin cognitif moindre lorsqu’ils atteignent un âge avancé, même en tenant compte de facteurs tels que la richesse et l’éducation. Cette découverte suggère que l’enrichissement cognitif précoce a des effets protecteurs durables sur le cerveau.

Les livre et le déclin cognitif des enfants

Des études antérieures ont montré que les enfants qui disposent d’une grande bibliothèque à la maison ont plus de chances de réussir à l’école et dans leur carrière. Ella Cohn-Schwartz, de l’université Ben-Gurion du Néguev, en Israël, et ses collègues se sont demandé si les avantages d’une exposition précoce aux livres se prolongeaient jusqu’à un âge avancé.

Ils ont analysé les données de plus de 8000 hommes et femmes âgés de 65 ans et plus sans maladie d’Alzheimer dans 16 pays européens, qui avaient passé des tests de mémoire en 2011 et 2013 dans le cadre de l’enquête sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe. Les tests consistaient à essayer de mémoriser des listes de mots et à nommer autant d’animaux que possible en 1 minute.

Les participants ont été invités à se souvenir approximativement du nombre de livres que contenait leur maison familiale lorsqu’ils étaient enfants : aucun livre, une étagère (environ 25 livres), une bibliothèque (environ 100 livres), deux bibliothèques ou plus.

Les personnes qui ont grandi avec une plus grande collection de livres ont obtenu de meilleurs résultats dans tous les tests de mémoire. Ils ont également montré un déclin cognitif plus lent, avec une baisse plus faible de leurs résultats aux tests entre 2011 et 2013.

Cela stimule la création de connexions 

Cela peut s’expliquer par le fait que l’exposition précoce aux livres les a encouragés à lire davantage, ce qui a renforcé leur « réserve cognitive », explique Cohn-Schwartz. Les activités intellectuellement stimulantes comme la lecture sont connues pour créer des connexions supplémentaires dans le cerveau qui le protègent contre les processus dégénératifs comme ceux observés dans la maladie d’Alzheimer.

« Il est très probable qu’ils ont construit cette mémoire dans les premiers stades de leur enfance et qu’il leur a permis de tenir la distance avec des maladies », déclare Ralph Martins de l’université Edith Cowan de Perth, en Australie.

Les résultats ont persisté lorsque les chercheurs ont utilisé des techniques statistiques pour tenir compte de la richesse, de l’éducation, de la santé physique et d’autres facteurs des participants. Ces résultats suggèrent que les grandes bibliothèques domestiques ne sont pas seulement un indicateur de richesse, car elles pourraient protéger le cerveau de diverses manières, notamment par une meilleure alimentation, explique M. Cohn-Schwartz.

Toutefois, M. Martins note que les enfants qui grandissent dans des foyers où l’on aime les livres sont probablement aussi encouragés à pratiquer d’autres activités stimulantes, comme le sport et les instruments de musique, qui pourraient également renforcer leurs réserves cognitives. « Je pense qu’il n’y a pas que les livres », ajoute-t-il.

Moins de signes de la maladie d’Alzheimer

Dans le cadre d’une étude américaine récente, 800 personnes âgées ont été interrogées sur l’enrichissement cognitif global de leur enfance, notamment sur la présence d’abonnements à des journaux, à des encyclopédies ou des atlas à la maison, sur la fréquence de lecture de ces livres et sur l’apprentissage de langues étrangères. Les autopsies cérébrales pratiquées après leur décès ont montré que ceux qui avaient grandi dans un environnement plus enrichissant présentaient moins de signes de la maladie d’Alzheimer. « L’essentiel est qu’une enfance enrichie sera bénéfique, mais il s’agira probablement d’une combinaison de plusieurs facteurs », déclare M. Martins.

Cette recherche a été publiée dans Dementia and Geriatric Cognitive Disorders.

Source : New Scientist
Crédit photo : Pexels