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Des structures miniatures ressemblant à un cerveau humain ont été cultivées dans un plat pendant plus d’un an, soit beaucoup plus longtemps que ce qui avait été réalisé auparavant. Cet exploit a été réalisé en faisant pousser des cellules cérébrales dans une boule, puis en la découpant de manière à ce que l’oxygène et les nutriments puissent atteindre toutes les cellules, tout en permettant à cette structure de conserver son architecture tissulaire interne.

Des organoïdes

La méthode standard pour étudier les tissus maintenus en vie en laboratoire consiste à les cultiver en une seule couche de cellules dans un plat. On a ensuite découvert que si les cellules pouvaient être amenées à se développer en une boule de la taille d’un pois, appelée organoïde, elles se développaient en différents types de cellules qui interagissent les unes avec les autres de manière plus naturelle.

Les organoïdes peuvent même présenter l’architecture tissulaire distincte des organes qu’ils imitent. Certains organoïdes cérébraux ont même été amenés à développer des yeux rudimentaires qui réagissent à la lumière. Toutefois, ces organoïdes ont tendance à mourir et à se désagréger au bout de quelques mois, car ils ne sont pas irrigués par le sang et ne reçoivent donc pas suffisamment d’oxygène et de nutriments. Il est donc plus difficile de mener des expériences sur eux, explique András Lakatos, de l’université de Cambridge.

Ils sont demeurés en vie pendant plus d’un an

Alors que certains groupes tentent de développer des organoïdes avec des vaisseaux sanguins, András Lakatos et son équipe ont essayé une nouvelle tactique : découper des organoïdes cérébraux en tranches d’environ 10 cellules d’épaisseur. Dans une étude publiée aujourd’hui, les chercheurs montrent qu’ils ont gardé les mini-cerveaux en vie pendant huit mois – mais selon Lakatos, certains ont en fait survécu pendant un peu plus d’un an. « On observe toujours une bonne diversité cellulaire et une architecture qui ressemble à celle du cerveau fœtal », explique-t-il.

Certains des mini-cerveaux ont été fabriqués à partir de cellules prélevées sur des personnes atteintes de la maladie du motoneurone, une affection qui entraîne une faiblesse progressive. Ces mini-cerveaux se comportaient de manière légèrement différente de ceux fabriqués à partir de cellules prélevées sur des personnes en bonne santé, ce qui pourrait un jour déboucher sur de nouveaux moyens de traiter cette maladie, explique M. Lakatos.

Pour prévenir certaines maladies

« Vous pouvez capturer le moment où la pathologie se produit dans le plat sous vos yeux. Si vous savez comment la maladie se déclenche, vous serez peut-être en mesure de la prévenir. »

Cette recherche a été publiée dans Nature Neuroscience.

Source : New Scientist
Crédit photo : StockPhotoSecrets