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Bien que le processus de cicatrisation des plaies soit remarquablement similaire chez les mammifères et les poissons, les recherches sur ces derniers sont rares. Pour combler ce manque de connaissances, une équipe d’étudiants de premier cycle de l’Institut des sciences et de la technologie de Daegu Gyeongbuk, en Corée, a mené une étude comparative de la cicatrisation des plaies chez sept espèces de poissons différentes et a examiné le rôle joué par la communauté bactérienne de la peau, démontrant ainsi que les poissons peuvent être un excellent modèle pour explorer les mécanismes de cicatrisation des plaies.

Des facteurs génétiques et microbiens

Bien que beaucoup d’entre nous considèrent les processus de cicatrisation de la peau comme acquis, ils nécessitent une interaction complexe de facteurs génétiques et microbiens. Chez les mammifères, dont l’homme, les scientifiques ont démontré que les bactéries symbiotiques qui vivent sur la peau, appelées « microbiote cutané », interagissent avec le système immunitaire de l’hôte pour accélérer la cicatrisation des plaies. Cependant, bien que le processus de cicatrisation des plaies chez les poissons soit assez similaire à celui des mammifères, peu d’études ont été menées pour analysées le rôle joué par le microbiote cutané et la façon dont il varie selon les espèces.

Sept espèces de poissons

Dans une nouvelle étude une équipe d’étudiants de premier cycle du Daegu Gyeongbuk Institute of Science and Technology (DGIST), en Corée, a entrepris de combler ce manque de connaissances sous la supervision des professeurs Myungin Baek et Jung-Ah Cho. Ils ont d’abord acquis plusieurs individus de sept espèces locales de poissons représentant différents habitats et types de peau. Ensuite, alors que ces poissons étaient anesthésiés, l’équipe a infligé une profonde blessure circulaire (3 mm de diamètre) à chacun d’entre eux afin d’observer la vitesse de guérison de chaque espèce.

Ils ont constaté des différences notables entre les espèces en ce qui concerne la vitesse de guérison, la barbotte coréenne sans écailles et l’ablette chinoise présentant la guérison la plus rapide. Pour déterminer si le microbiote jouait un rôle utile dans le processus de cicatrisation, l’équipe a administré des antibiotiques à certains des poissons de ces deux espèces. Étonnamment, la vitesse de guérison de la plaie chez la barbotte coréenne a augmenté après l’application de la solution antibiotique, ce qui laisse entrevoir la possibilité que des bactéries nuisibles ralentissent le processus de guérison dans la nature.

Des bactéries nocives peuvent ralentir la guérison

L’équipe a confirmé cette hypothèse en effectuant une analyse de séquençage de l’ARNr 16S sur les bactéries trouvées dans le mucus autour de la plaie. « Nous avons constaté que la population d’une bactérie nocive du genre Elizabethkingia était plus de 5000 fois réduite après un traitement avec un antibiotique chez les spécimens de barbotte coréenne », explique Tery Yun, premier auteur de cette étude. « Notre étude suggère donc que les facteurs de l’hôte et les facteurs microbiens affectent tous les deux la vitesse de cicatrisation des plaies chez les espèces de poissons. »

La compréhension des mécanismes de cicatrisation des plaies est cruciale pour les applications médicales et pour développer de nouveaux traitements pour les personnes souffrant de cicatrisation lente des plaies, comme les patients atteints de diabète. Si les modèles animaux basés sur des espèces de mammifères sont plus susceptibles de produire des résultats immédiatement pertinents pour les humains, l’immense diversité des poissons en fait également une cible de recherche attrayante. M. Yun explique : « les poissons sont un excellent modèle pour étudier la cicatrisation des plaies. Ils représentent près de la moitié de l’ensemble des espèces vertébrées sur Terre, ce qui constitue un vaste patrimoine génétique pour l’étude des mécanismes de cicatrisation. »

Pour de futures thérapies plus efficaces

Les connaissances de nos amis les poissons sur la cicatrisation des plaies seront certainement une bonne nouvelle pour une future thérapie plus rapide et plus efficace pour les humains et les animaux non humains.

Cette recherche a été publiée dans International Journal of Molecular Sciences.

Source : Daegu Gyeongbuk Institute of Science and Technology
Crédit photo : StockPhotoSecrets