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Le traitement de maladies telles que la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson est un défi car les médicaments doivent traverser la barrière hémato-encéphalique. Par conséquent, les doses administrées doivent être élevées et seule une fraction atteint le cerveau, ce qui peut entraîner des effets secondaires importants.

Des nanoparticules 

Pour résoudre ce problème, le chercheur postdoctoral Jean-Michel Rabanel, sous la supervision du professeur Charles Ramassamy, à l’Institut national de la recherche scientifique (NRS), optimise des nanoparticules enrobées d’un polymère afin d’augmenter leur perméabilité à travers cette barrière et, par conséquent, la délivrance de médicaments encapsulés dans le cerveau.

Dans leur récente étude, l’équipe a démontré l’efficacité d’un polymère spécifique aux propriétés zwitterion. Ces molécules sont globalement neutres, et possèdent un nombre égal de charges positives et négatives afin d’imiter les molécules présentes à la surface des cellules. Les chercheurs ont comparé les caractéristiques de deux revêtements polymères sur des nanoparticules d’acide polylactique (PLA), un matériau biocompatible facilement éliminé par l’organisme.

Des revêtements prometteurs

Le premier revêtement, composé de polyéthylène glycol (PEG), avait déjà été testé sur le poisson zèbre, dont le corps transparent permet de voir la distribution de ces nanoparticules pratiquement en temps réel. Le second revêtement, en polymère zwitterionique, a été comparé dans les mêmes conditions.

« Avec ce type d’expérience, nous avons démontré que le polymère zwitterionique, qui est en théorie plus biocompatible puisqu’il est similaire aux molécules à la surface des cellules, a un meilleur accès au cerveau. Cependant, il est plus rapidement absorbé par les parois des vaisseaux sanguins, ce qui réduit leur temps de circulation », explique le professeur Ramassamy.

Ainsi, le PEG reste le polymère le plus intéressant en ce qui concerne la circulation sanguine, tandis que le polymère zwitterionique entraînerait potentiellement une réponse plus faible du système immunitaire. Le professeur Ramassamy a souligné qu’un mélange de ces deux polymères pourrait être envisagé pour tirer parti des avantages de chacun.

L’enrobage est un facteur important

« Nos résultats montrent que l’enrobage du médicament est un facteur très important dans l’utilisation thérapeutique de ces nanoparticules. C’est une piste intéressante pour délivrer des médicaments directement au cerveau et ainsi améliorer le traitement des maladies neurodégénératives », conclut Ramassamy.

Cette recherche a été publiée dans Biomaterials.

Source : INRS
Crédit photo : StockPhotoSecrets