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Un nouveau composé antidiabétique dérivé d’une fleur de jardin a été approuvé par Santé Canada pour des essais de phase 1 chez l’homme. Stephen Withers, chercheur à GlycoNet, prévoit que ce composé pourrait être utilisé pour mettre au point un traitement ayant moins d’effets secondaires que les autres options actuellement disponibles pour les personnes atteintes du diabète de type 2.

Un nouveau traitement potentiel du diabète

« Notre approche consiste à ralentir la dégradation de l’amidon contenu dans les aliments, mais sans affecter les sucres simples », explique M. Withers, chercheur principal et professeur à l’université de la Colombie-Britannique (UBC).

Le composé naturel appelé Montbretin A (MbA) agit en inhibant l’enzyme alpha-amylase. Lorsque la MbA inhibe l’enzyme alpha-amylase, l’amidon ne se décompose pas immédiatement et descend dans la partie inférieure de l’intestin.

Normalement, l’enzyme alpha-amylase décompose l’amidon des aliments tels que le riz et le pain en sucres complexes appelés oligosaccharides. Les oligosaccharides sont ensuite dégradés par les enzymes alpha-glucosidase dans la paroi intestinale, libérant ainsi du glucose dans la circulation sanguine, ce qui provoque un pic de glycémie chez les diabétiques de type 2.

De la fleur au traitement

Withers et Gary Brayer, chercheur à l’UBC, ont passé de nombreuses années à étudier l’enzyme alpha-amylase et ont d’abord essayé de mettre au point un composé en laboratoire qui pourrait inhiber cette enzyme, avant de se tourner vers la nature. Withers a sélectionné l’extrait le plus prometteur de la fleur de montbretia (Crocosmia x crocosmiiflora) et a travaillé avec Raymond Andersen, chercheur à l’UBC, pour isoler et identifier l’ingrédient actif : le MbA.

« En collaboration avec Gary Brayer, nous avons découvert comment il inhibe l’amylase et, en collaboration avec John McNeill, nous avons effectué des études sur des rats diabétiques et montré qu’il contrôlait très bien les niveaux de sucre dans le sang », explique M. Withers.

Une fois les études animales terminées, M. Withers a travaillé avec J.P. Heale du bureau de liaison université-industrie de l’UBC pour demander à Santé Canada l’autorisation de commencer les essais sur les humains. L’essai clinique de phase 1 a été approuvé, mais il a été retardé en raison du COVID-19. L’essai devrait commencer dès que les circonstances le permettront.

Un véritable exploit

L’ensemble de ce projet, depuis les étapes de la science fondamentale jusqu’aux essais précliniques et maintenant aux essais sur l’homme, a nécessité environ 30 ans de recherche et un engagement considérable pour mettre au point un meilleur traitement pour la gestion du diabète de type 2.

« Nous sommes enthousiastes et je dois dire que nous sommes convaincus que nous traverserons cette phase de l’essai clinique en pleine forme », déclare M. Withers. « Le MbA est très similaire à un certain nombre de molécules présentes dans notre alimentation, mais il faut bien sûr le tester pour en être sûr. »

Source : GlycoNet
Crédit photo : iStock