une-grande-partie-des-réserves-de-carbone-ne-sont-pas-protégées

Seuls 23 % des écosystèmes de stockage de carbone les plus vulnérables et les plus importants de la planète se trouvent dans des zones protégées. Mais une étude qui identifie ces réserves de carbone pourrait contribuer à la mise en place d’initiatives visant à les préserver du développement, tout en protégeant la biodiversité.

Le carbone stocké dans des écosystèmes

Notre planète stocke le carbone dans une série d’écosystèmes, tels que les forêts et les tourbières. Lorsque l’homme dégrade ces écosystèmes à des fins commerciales, comme l’agriculture, de grandes quantités de carbone peuvent être libérées dans l’atmosphère, contribuant ainsi au réchauffement de la planète.

Une fois libéré, il peut prendre des années, des siècles ou même des millénaires pour que le carbone soit stocké à nouveau dans de tels écosystèmes. Le carbone qui ne peut pas être récupéré d’ici 2050, c’est-à-dire lorsque le monde doit atteindre l’objectif de zéro émission nette pour se prémunir des pires impacts du changement climatique, est connu sous le nom de carbone irrécupérable.

Pour cartographier les zones de carbone irrécupérable dans le monde, Monica Noon, de Conservation International, une organisation caritative environnementale basée en Virginie, et ses collègues ont rassemblé plusieurs ensembles de données sur le stockage du carbone.

Ils ont constaté que la moitié du carbone irrécupérable de la planète est stockée sur seulement 3,3 % de ses terres. Les plus fortes concentrations des réserves de carbone irrécupérables se trouvent dans les tourbières et les forêts de l’Amazonie et du bassin du Congo, dans les forêts d’Amérique du Nord et de Sibérie, et dans les mangroves et les zones humides ailleurs. Moins d’un quart de ces terres font l’objet d’un statut de protection.

Adopter de meilleures solutions

En identifiant les points chauds de carbone irrécupérables, Noon espère encourager l’adoption de meilleures solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique et des politiques visant à gérer et à protéger ces écosystèmes essentiels au stockage du carbone.

À court terme, cela pourrait consister à payer les gouvernements pour qu’ils réduisent la déforestation. À long terme, il pourrait s’agir de renforcer les droits des populations autochtones, qui gèrent plus d’un tiers des terres contenant du carbone irrécupérable, et de financer l’expansion des zones protégées dans le monde.

« 80 % de la biodiversité chevauche des zones à forte teneur en carbone irrécupérable, ce qui signifie qu’il est possible de protéger certaines zones et de créer une situation gagnant-gagnant en matière de biodiversité et de climat », explique M. Noon.

Cette recherche a été publiée dans Nature Sustainability.

Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay