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L’effet rafraîchissant des arbres réduit la température de surface des villes européennes en été jusqu’à 12°C dans certaines régions. En revanche, les espaces verts sans arbres ont un effet négligeable, selon une étude qui renforce les arguments en faveur de la plantation d’arbres pour aider les villes à s’adapter au réchauffement climatique.

L’importance des arbres dans les villes

Jonas Schwaab, de l’ETH Zurich en Suisse, et ses collègues ont utilisé les données de la température de la surface terrestre obtenues par satellite pour comparer les différences de température entre les arbres urbains, les espaces verts urbains sans arbres tels que les parcs, et le tissu urbain tel que les routes et les bâtiments. Ils ont analysé 293 villes d’Europe.

La température de la surface terrestre mesurée par les satellites n’est pas la même que la température de l’air, qui est plus étroitement liée à ce que les humains ressentiraient, explique Mme Schwaab. « Habituellement, la différence de température de l’air entre les zones couvertes d’arbres et les zones bâties est beaucoup plus faible que les différences de température de la surface terrestre », explique-t-il.

L’équipe a constaté que la température de la surface terrestre des zones couvertes d’arbres était beaucoup plus basse que celle des zones environnantes en Europe. Les différences se situent entre 8°C et 12°C en Europe centrale et entre 0°C et 4°C en Europe du Sud.

L’ombre et la transpiration sont responsables du refroidissement

L’effet rafraîchissant des arbres provient en grande partie de l’ombre et de la transpiration, c’est-à-dire de la libération de l’eau de l’arbre sous forme de vapeur d’eau par les feuilles. Ce processus absorbe l’énergie thermique du milieu environnant pour l’évaporer, ce qui fait baisser la température ambiante.

Dans le climat plus chaud du sud de l’Europe, le sol et la végétation sont généralement plus secs, de sorte que l’effet de refroidissement de la transpiration est plus faible que dans les régions plus au nord, explique Mme Schwaab.

L’équipe a également constaté que le refroidissement apporté par les espaces verts sans arbres est négligeable et que, dans certains cas, les espaces verts sans arbres peuvent même être plus chauds que les zones urbaines environnantes.

La chaleur extrême est un problème croissant pour les villes d’Europe et d’ailleurs, car la planète se réchauffe. Ces résultats montrent que les arbres peuvent avoir un impact important sur les villes d’Europe, mais comme l’ampleur de leurs effets varie, les stratégies d’atténuation de la chaleur doivent être adaptées à chaque région, explique Mme Schwaab.

Une stratégie d’atténuation de la chaleur urbaine

Zhihua Wang, de l’université d’État de l’Arizona, estime que « cette étude fournit un guide important aux praticiens urbains pour le déploiement d’arbres urbains en tant que stratégie efficace d’atténuation de la chaleur urbaine ».

Cette recherche a été publiée dans Nature Communications.

Source : New Scientist
Crédit photo : Depositphotos