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Identification d’une variante génétique protectrice contre le COVID-19

biologie 14 janvier 2022

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Une méta-analyse internationale dirigée par des chercheurs du Karolinska Institutet a identifié une variante génétique spécifique qui protège contre l’infection grave par le COVID-19. Les chercheurs ont réussi à identifier cette variante en étudiant des personnes d’ascendances différentes, un exploit qui, selon eux, souligne l’importance de mener des essais cliniques incluant des personnes de descendances diverses.

Une variante protectrice

Outre la vieillesse et certaines maladies sous-jacentes, la génétique peut influencer le fait que nous soyons gravement touchés ou que nous ne souffrions que d’une légère maladie due au COVID-19. Des études antérieures portant principalement sur des personnes d’ascendance européenne ont révélé que les individus porteurs d’un segment particulier d’ADN ont un risque réduit de 20 % de développer une infection grave par le COVID-19. Ce segment d’ADN code pour des gènes du système immunitaire et est hérité des Néandertaliens chez environ la moitié des personnes hors d’Afrique.

Cette région de l’ADN est toutefois truffée de nombreuses variantes génétiques, ce qui rend difficile de démêler la variante protectrice exacte qui pourrait potentiellement servir de cible à un traitement médical contre l’infection grave par le COVID-19.

Des personnes de différentes ascendances ont été étudiées

Pour identifier cette variante génétique spécifique, les scientifiques ont recherché des personnes portant uniquement des parties de ce segment d’ADN. Étant donné que l’héritage des Néandertaliens s’est produit après l’ancienne migration hors d’Afrique, les chercheurs ont vu un potentiel en se concentrant sur les individus d’ascendance africaine qui n’ont pas l’héritage des Néandertaliens et donc aussi la majorité de ce segment d’ADN. Un petit morceau de cette région de l’ADN est cependant le même chez les personnes d’ascendance africaine et européenne.

Les chercheurs ont constaté que les personnes d’ascendance africaine prédominante bénéficiaient de la même protection que celles d’ascendance européenne, ce qui leur a permis d’identifier une variante génétique spécifique particulièrement intéressante.

« Le fait que les personnes d’ascendance africaine avaient la même protection nous a permis d’identifier la variante unique de l’ADN qui protège réellement de l’infection par le COVID-19 », explique Jennifer Huffman, premier auteur de cette étude et chercheur.

L’analyse a porté sur un total de 2 787 patients hospitalisés pour le COVID-19 et d’ascendance africaine, ainsi que sur 130 997 personnes d’un groupe témoin, provenant de six études de cohorte. Quatre-vingt pour cent des personnes d’ascendance africaine étaient porteuses de la variante protectrice. Les résultats ont été comparés à ceux d’une précédente étude métastatique de plus grande envergure portant sur des personnes d’origine européenne.

La clé du développement du médicament contre le COVID-19

Selon les chercheurs, la variante protectrice du gène (rs10774671-G) détermine la longueur de la protéine codée par le gène OAS1. Des études antérieures ont montré que la variante la plus longue de la protéine est plus efficace pour décomposer le SARS-CoV-2, le virus responsable du COVID-19.

« Le fait que nous commencions à comprendre en détail les facteurs de risque génétiques est essentiel pour le développement de nouveaux médicaments contre le COVID-19 », déclare le co-auteur Brent Richards, chercheur principal à l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif et professeur à l’Université McGill au Canada.

La nécessité de la diversité génétique

La pandémie de COVID-19 a suscité une collaboration considérable entre les chercheurs de différentes parties du monde, ce qui a permis d’étudier les facteurs de risque génétiques chez une plus grande diversité d’individus que dans de nombreuses études précédentes. Malgré cela, la majorité de la recherche clinique se fait encore sur des personnes d’origine européenne.

« Cette étude montre à quel point il est important d’inclure des individus d’ascendances différentes. Si nous n’avions étudié qu’un seul groupe, nous n’aurions pas réussi à identifier le variant du gène dans ce cas », déclare l’auteur correspondant de cette étude, Hugo Zeberg, professeur adjoint au département des neurosciences du Karolinska Institutet.

Une thérapie potentielle basée sur cette variante

En résumé, cette nouvelle variante génétique pourrait potentiellement servir de point de départ pour concevoir une thérapie qui permettrait de combattre efficacement et avec peu d’effets secondaires le COVID-19.

Les résultats sont publiés dans Nature Genetics.

Source : Karolinska Institutet
Crédit photo : iStock