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Des chercheurs brésiliens qui étudient un poisson vénéneux indigène, ont confirmé une voie de développement de médicaments pour le traitement de maladies inflammatoires chroniques, telles que la sclérose en plaques et l’asthme.

Traiter la sclérose en plaques avec un peptide

Le poisson-crapaud venimeux Thalassophryne nattereri contient un peptide (TnP) au potentiel anti-inflammatoire et anti-allergique. Ce potentiel a maintenant été confirmé par le poisson-zèbre Danio rerio, qui est largement utilisé comme modèle pour les essais in vivo dans le cadre du développement de médicaments.
Les chercheurs ont testé le TnP dans le D. rerio pour mesurer sa toxicité. En un peu plus d’un an, leurs recherches ont montré que ce peptide est sans danger. Il n’a pas causé de dysfonctionnement cardiaque ou de problèmes neurologiques dans les tests de toxicité.
En plus de prouver l’innocuité de ce peptide lorsqu’il est utilisé comme agent anti-inflammatoire, les résultats renforcent l’importance de D. rerio en tant que modèle animal alternatif pour le développement de médicaments qui permet d’économiser du temps et de l’argent. « Les résultats mettent en évidence un large index thérapeutique pour le TnP avec des doses non létales et sûres sans causer de neurotoxicité ou d’effet cardiotoxique.
La TnP a traversé la barrière hémato-encéphalique sans perturber l’architecture normale du cerveau antérieur, du cerveau moyen et du cerveau postérieur; [les trois principales divisions du cerveau en matière de développement] », écrivent les auteurs.

Des fonctions anti-inflammatoires et immunomodulatrices

De nombreux chercheurs ont découvert la TnP (peptide de T. nattereri) en 2007. Entre-temps, Lima avait standardisé les tests de laboratoire pour évaluer la sclérose en plaques chez les rongeurs. L’équipe de chercheurs ont décidé de travailler ensemble pour tester l’efficacité de la TnP dans le traitement de cette maladie, en concluant pour ses fonctions anti-inflammatoires et immunomodulatrices.
Les études menées par le groupe sur des souris entre 2013 et 2015 avaient déjà démontré que la TnP pouvait traiter la sclérose en plaques, retardant l’apparition de symptômes graves et améliorant les signes cliniques de cette maladie.
La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire auto-immune chronique du système nerveux central, dans laquelle le système immunitaire attaque la gaine de myéline qui protège les fibres nerveuses du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs optiques, perturbant la communication avec le reste de l’organisme.
Elle peut entraîner une faiblesse musculaire, une perte de vision, des douleurs et une altération de la coordination motrice. Elle touche quelque 2,5 millions de personnes dans le monde.

Une demande de brevet

La famille TnP comprend des peptides synthétiques contenant une séquence de 13 L-acides aminés dans leur structure primaire. Les produits synthétiques dérivés de la TnP ont été brevetés dans au moins neuf pays, dont les États-Unis, l’Inde et le Japon, ainsi que dans l’UE. Au Brésil, une demande de brevet a été déposée en partenariat avec la société pharmaceutique Cristália.
La prochaine étape pour les chercheurs, est de passer à des essais cliniques pour vérifier si cette molécule peut fonctionner chez l’homme, et comment elle se comportera dans la réalité.
Cette recherche a été publiée dans Toxicology Reports.
Source : São Paulo Research Foundation
Crédit photo : Pixabay